DES VENDEURS D'ARMES SUD AFRICAINS À BANGUI AVANT SA CHUTE

7 Avril 2013 , Rédigé par AFRIQUEEXPANSION.COM Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

Bozize-et-Zuma.jpgJOHANNESBURG, Afrique du Sud - L'hebdomadaire dominical sud-africain Sunday Times a publié dimanche de nouvelles informations sur les liens entre l'Afrique du Sud et le président centrafricain déchu François Bozizé, alimentant une controverse embarrassante pour le président Jacob Zuma.

Le journal rapporte que deux employés de Paramount --fabricant d'armes sud-africain se présentant comme le plus important groupe privé africain de matériel spatial et de défense-- étaient à Bangui les jours ayant précédé la chute de la capitale centrafricaine aux mains des rebelles, le 24 mars

Un des ces employés, Miles Chambers, a confirmé au journal être arrivé le 22 mars à Bangui avec son collègue Clement Salanga et un consultant parisien, Emmanuel Rutman, sans savoir, dit-il, qu'un coup d'Etat était imminent.

"Avec le recul, c'était une décision mal avisée mais heureusement nous nous en sommes tirés entiers", a-t-il dit, évoquant une expérience "effroyable" après avoir été intercepté alors qu'il se rendait au palais présidentiel pour une "présentation" le 23 mars, puis obligé de se cacher deux jours avant une évacuation providentielle par les troupes françaises.

Le patron de Paramount, Ivor Ichikowitz, a relativisé l'importance de ce déplacement commercial à Bangui affirmant au Sunday Times qu'il "n'y avait pas de contrat en cours." "Il y avait une lettre d'invitation de la part du président (Bozizé) pour faire une présentation. C'était encore à un stade très bas dans la chaîne et je n'étais pas au courant".

"Et probablement cela n'aurait de toute façon pas passé nos services", a ajouté ce dirigeant industriel présenté par le journal comme un homme "réputé proche" du président Zuma et "de plusieurs autres pointures de l'ANC" (au pouvoir).

Le président Zuma est soumis à une forte pression depuis la mort de 13 militaires en Centrafrique où ils avaient été envoyés en renfort alors que le pouvoir de M. Bozizé était vacillant. Ce sont les plus lourdes pertes humaines de l'armée sud-africaine post-apartheid depuis sa création en 1994.

Un contingent de plus de 200 hommes avait été déployé. En janvier, le gouvernement a affirmé qu'ils étaient là-bas dans le cadre des efforts de l'Afrique du Sud pour "apporter la paix et la stabilité dans la région". Ces derniers jours, il a changé de version disant qu'ils devaient protéger les instructeurs militaires présents en Centrafrique et son matériel.

Le gouvernement a démenti que M. Zuma ait promis une protection quelconque à M. Bozizé.

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