CENTRAFRIQUE : SÉCURITÉ RENFORCÉE À BANGUI APRÈS LA REPRISE DU COUVRE FEU

24 Novembre 2013 , Rédigé par AFRIQUE EXPANSION MAGAZINE Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

bangui-vip-blog-com-234711102 7473BANGUI, République centrafricaine - En Centrafrique, où la communauté internationale craint un génocide, le dispositif sécuritaire a été renforcé samedi à Bangui, après le rétablissement du couvre-feu par le président Michel Djotodia dans une capitale en proie au banditisme armé.

Des éléments de gendarmerie ont été positionnés sur des carrefours de la capitale où des heurts ont eu lieu ces derniers jours entre des civils et des hommes de l'ex-rébellion Séléka. Et durant tout la nuit, des patrouilles mixtes de policiers, de gendarmes et de soldats de la force africaine en Centrafrique (Misca) ont été organisées sur les principales artères, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs heures auparavant, des messages de la police avaient été diffusés sur la radio d'Etat pour mettre en garde contre la circulation des motos et taxis motos, soupçonnés de favoriser le banditisme armé, au-delà de 18H00.

Le président centrafricain Michel Djotodia avait annoncé vendredi le rétablissement du couvre-feu de 22H00 à 06H00 du matin, levé en octobre à Bangui, face à une nouvelle vague de banditisme armé dans la capitale.

Ces violences dans la capitale avaient culminé dimanche dernier avec l'assassinat d'un haut magistrat, abattu par d'anciens rebelles. Le meurtre avait provoqué des heurts dans lesquels deux civils avaient été tués.

Depuis le renversement en mars du régime de François Bozizé par la coalition rebelle Séléka - dissoute en août - de M. Djotodia, la Centrafrique vit dans un climat d'insécurité généralisée, avec des violences quasi quotidiennes en province comme à Bangui.

Cette situation a poussé lundi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à envisager l'envoi de 6.000 Casques bleus, dans le cadre d'une éventuelle opération de maintien de la paix.

Dans certaines régions, ces violences ont pris un caractère inter-communautaire entre chrétiens et musulmans, amenant Washington et Paris à évoquer une situation "pré-génocidaire" ou un risque de "génocide" en République centrafricaine (RCA).

"On ne peut parler de génocide d'un groupe ethnique ou d'un groupe social", a réagi samedi la ministre des Affaires étrangères centrafricaine Léonie Banga Bothy sur les ondes de la radio locale Ndeke Luka, estimant que ces déclarations risque de causer "des effets pervers sur la quiétude la population qui a déjà beaucoup souffert et qui n'a pas besoin d'une psychose supplémentaire".

La France mobilisée, en pleine opération diplomatique

Vendredi, le ministre français de la Défense Jean-Yves le Drian s'est rendu à Libreville, où il s'est longuement entretenu avec le président gabonais Ali Bongo au sujet de la crise centrafricaine, qu'il a qualifiée d'"extrêmement préoccupante".

La France et le Gabon sont "tout à fait conscients l'un et l'autre de la nécessité d'agir, et d'agir dans le cadre d'un mandat international", a déclaré le ministre à l'issue de son entretien avec M. Bongo.

Parallèlement à cette rencontre, une délégation diplomatique française a entamé vendredi une tournée à Bangui, à Addis-Abeba au siège de l'Union africaine et dans plusieurs pays d'Afrique centrale, et ce jusqu'à lundi, pour évoquer la situation en Centrafrique.

Selon le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU devrait intervenir début décembre pour permettre "aux forces africaines (des pays voisins), à l'Union africaine et également à la France" d'intervenir. La France serait dans ce cas "à l'appui des Africains", a-t-il souligné.

La France compte actuellement en Centrafrique un peu plus de 400 militaires qui contrôlent essentiellement l'aéroport de Bangui.

Environ 350 hommes ont par ailleurs été embarqués à bord d'un bâtiment de la marine nationale, le BPC Dixmude, qui a quitté Toulon samedi à destination du golfe de Guinée. Equipés de véhicules blindés légers et d'hélicoptères, ces soldats constituent une force prépositionnée pour le cas où les effectifs français en RCA devraient être prochainement renforcés.

Quelque 900 soldats français sont également stationnés au Gabon.

Partager cet article

Commenter cet article