CENTRAFRIQUE - OBSEQUES D’ANDRE KOLINGBA : UN HOMMAGE MERITE

7 Mars 2010 , Rédigé par Le Confident Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

1924846-2643178.jpgLes derniers mots de Mireille à son époux

07 février 2010, jour fatidique, jour funeste pour les Centrafricains qui viennent d’apprendre la nouvelle du décès du général d’armée André Kolingba qui a présidé aux destinées de la RCA de 1981 à 1993.

Alors que le peuple centrafricain, et particulièrement son parti, de Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), dont il est le fondateur attendaient la nouvelle de sa candidature pour l’élection présidentielle à quelques mois des échéances, le glas sonne pour cet homme qui incarnait l’espoir de tout un peuple. Le ‘‘fatum’’, autrement dit le destin, en a décidé autrement. Telle est la loi de la nature et nul n’y échappe, hélas !
Mais qui est donc cet homme que le peuple centrafricain pleure tant ?

Sa vie politique
Né le 12 août 1936 à Bangui au Camp de Roux André Kolingba, après des études primaires et secondaires optera tôt pour la carrière militaire.
La Côte d’Ivoire le verra débarquer à Bingerville à l’école militaire des enfants de troupe. Il évoluera après dans le secteur des transitions.

Après quelques années de loyaux services, ce jeune lieutenant intègre l’armée centrafricaine qui venait d’être créée par le capitaine Bokassa qui lui confie un poste de commandement eu égard à sa grande valeur militaire.

Officier compétent et rigoureux, il gravira les échelons dans la hiérarchie militaire et se hissera par la force de ses hautes qualités professionnelles au sommet de sa carrière.
Devant les querelles stériles et politiciennes, il décide de répondre présent à l’appel à lui fait par feu président David Dacko pour restaurer la paix et mettre fin à cette course au pouvoir orchestrée par des pouvoiristes.

Sa carrière politique
Après avoir fait ses premiers pas dans la diplomatie en assurant la fonction d’Ambassadeur de la RCA au Canada, il revient au pays nanti de principes politiques.

Parvenu à la magistrature suprême de l’Etat, il assure la transition en créant le Comité Militaire de Redressement National. Puis il organise des élections d’où il sort vainqueur le 1er septembre 1981.
Démocratiquement élu, il s’ingénie à instaurer le multipartisme et jette les bases de la démocratie. Sous son impulsion et après force tractations il réussit à inviter sa sainteté le Pape Jean Paul II en Centrafrique. Le Saint Père foule le sol centrafricain le 14 août 1985 sous le mandat d’André Kolingba. Une victoire digne d’Hercule célèbre pour ses douze travaux. Pour couronner cet exploit, une croix blanche zèbre le ciel de Bangui à l’endroit même où se tient le contact du Saint Père avec le peuple centrafricain.
Quelle bénédiction !

Ses convictions
Prenant l’exemple de ses illustres prédécesseurs feu le président André Kolingba lutte pour la dignité du Centrafricain paraphrasant le ‘‘Zo Kwe Zo’’ de feu le président fondateur de la RCA, Barthélémy Boganda, il instaure la politique du ‘‘So Zo La’’, philosophie similaire à celle de son père spirituel. Barthélémy Boganda. L’homme centrafricain est placé au cœur de toutes les préoccupations et doit être le moteur.

Toujours dans la suite de son père spirituel qui a dit « Parlons peu travaillons beaucoup » philosophie reprise par feu le président David Dacko avec le « Kwa ti Kodro » puis par feu Jean Bedel Bokassa avec son « Opération Bokassa » feu le président André Kolingba. Car sans travail il n’y a pas de développement. Il a su inculquer à ses compatriotes l’amour du travail en donnant lui-même l’exemple, car le travail ne le rebutait pas et ses proches ont témoigné de sa grande capacité de travail où il passait des veilles à traiter des dossiers.



Une vue partielle des enfants du feu AndréKo
Une vue partielle des enfants du feu AndréKo
Ses qualités

De tous les témoignages faits par diverses personnalités tant civiles que religieuses, il ressort une constante :
Feu le général d’Armée André Kolingba ex président de la RCA étaient l’incarnation de la rigueur et de la discipline comme il a eu à l’apprendre dans son milieu familial et professionnel.

C’est un homme au cœur généreux prêt à tendre la main à ses adversaires et à pardonner. En cela il forçait le respect de tous ceux qui l’approchaient et aussi par son élégance et son sourire légendaire teinté d’un sens humoristique assez poussé.

Homme de cultures, il avait donné réponse à tout et préconisait le dialogue à toute forme de violence privilégiant la dialectique, le débat d’idées.

Respectueux de la parole donnée, il a su l’inculquer à ses enfants et à son entourage.
Humble malgré son rang social, il a su taire sa qualité de Chef d’Etat et s’est investi pour la paix en Centrafrique en cherchant toujours des solutions à l’amiable.

Il s’inclinera en 1993 devant le verdict des urnes avec les « troubles fêtes ». Ainsi il va administrer les prisonniers politiques tel feu le président Jean Bedel Bokassa et bien d’autres.

‘‘Plus de douceur que de violence’’ fut l’un de ses principes directeurs, a souligné l’un des témoins.
Les enfants par la voix de l’un d’eux nommé Ernest Kolingba dira lors de son témoignage que leur père leur répétait souvent d’être en paix avec eux-mêmes.

Dans son homélie, Monseigneur Joseph Marc Ngoui-Akandji souligne d’André Kolingba qui honorait de sa présence les messes dominicales et a distribué des bibles à tous ceux qu’ils rencontraient dans ses contacts car pour lui Dieu est au-dessus de tout et malheureux est l’homme qui l’ignore. Il surenchérit en présentant Andreko comme un homme de bien qui a su le répandre autour de lui. Ce bien qu’il irradiait autour de lui a réussi à pacifier le peuple centrafricain à le réconcilier avec lui-même. Terminant son surnom, Monseigneur Ngoui-Akandji reconnait qu’Andréko édifiait les hommes d’Eglise par sa foi chrétienne.

Son parti
Père de la démocratie en Centrafrique, feu le président Kolingba a créé le Rassemblement Démocratique centrafricain afin d’animer la vie politique de son pays.

Malgré les tangages et les roulis que ce parti a connus, le RDC a su tenir la barre et garder sa trajectoire grâce aux conseils avisés du président fondateur André Ko.

Les hauts cadres du RDC ont pris l’engagement de veiller sur l’héritage à eux légué par le président fondateur.

Prologue
Prenant la parole à la fin de la célébration eucharistique présidée par Mgr. Nzapalainga qu’entourait un parterre de prêtres autochtone, M. N’Zanga Kolingba Désiré, fils aîné de l’illustre disparu, ministre délégué au Secrétariat d’Etat, a adressé ses remerciements au nom de la famille d’André K. à Son Excellence François Bozizé, président de la République, Chef de l’Etat pour son implication combien à la réussite des obsèques de son défunt père. En effet depuis l’annonce de la nouvelle du décès d’André K., le Chef de l’Etat a tout de suite pris toutes les dispositions nécessaires pour mener à bien et avec diligence toutes les activités devant aboutir à l’évacuation selon lui témoignent plus que les exigences protocolaires un sentiment d’attachement sincère et intime vis-à-vis d’André k. et de sa famille, vu que le président de la République a participé à toutes les étapes des obsèques : accueil à l’aéroport- Morgue veillée funèbre, Hommage public et Inhumation.

Le ministre N’Zanga-Kolingba Désiré remercie par la même occasion Mme Bozizé Monique, le président de l’Assemblée nationale, le Premier Ministre et ses propres collègues ministres sans oublier les députés et tous ceux qui sont venus s’associer à leur malheur. Cette marque de sympathise, selon lui, fait comprendre à lui et à sa famille leur devoir, celui de conforter la cohésion familiale fragilisée.

Signalons que la dépouille mortelle arrivée à Bangui le 26 février 20410 et après un séjour à la morgue de l’Hôpital Général a sillonné les principales artères de la capitale autour desquelles se sont massées des foules en pleurs, certains chantant et dansant, palmes à la main, d’autres étalant des pagnes sur la voie devant le passage du convoi (cortège) funéraire. Exposée au domicile familial du quartier Ouango dans le septième arrondissement de Bangui, la dépouille mortelle a reçu les hommages des parents amis et connaissances constitués par une foule innombrable venue manifester ses sentiments de reconnaissance au père du multipartisme, de la démocratie en RCA.
La cour n’a pas désempli pendant toute la veillée et le lendemain le cortège s’est ébranlé vers le siège du RDC où le parti du défunt fondateur lui a rendu un dernier hommage mérité.

Le cortège reprendra son périple vers l’avenue des martyrs où une chapelle ardente a été dressée pour des obsèques nationales présidées par le Chef de l’Etat qu’entouraient toutes les hautes autorités de l’Etat et des représentants des pays amis et des institutions internationales. Après les témoignages, le dépôt des gerbes des fleurs, un défilé à pas lents regroupant certaines sections d l’Armée nationale, des para-militaires et des de certains partis politiques et autres associations, s’est déroulé devant une foule en plein recueillement.

La Cathédrale Notre Dame de L’immaculée Conception recevra la dépouille mortelle et toutes les hautes autorités de l’Etat, le corps diplomatique, les parents, amis et connaissances.

Dans une ambiance recueillie, une célébration eucharistique a permis aux ecclésiastique a permis aux eucharistiques et aux parents amis et connaissances de recommander l’âme du défunt président Andréko à Dieu.

Sur ce, le cortège prit la route du domicile familial sis à Ouango pour l’inhumation présidée par Son Excellence François Bozizé.

ce moment pénible et douloureux pour le peuple centrafricain, à l’orée des échéances électorales prochaines devrait faire réfléchir plus d’un centrafricain à l’âge de voter choisir pour savoir quel type de gouvernant il doit choisir pour conduire sa destinée.

Après la mort de Boganda, Dacko, Bokassa et le président fondateur du FPP, Abel Goumba, la RCA vient de perdre un important fils, père du multipartisme, père de la démocratie centrafricaine. Que ses successeurs s’imprègnent de ses qualités et des ses expériences évoquées dans les témoignages de ses proches pour conduire la RCA vers la paix pour qu’enfin ce beau pays puisse connaître un début de développement au bénéfice de tous ses filles et fils.

Vendredi 5 Mars 2010
Marcel Mboula

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