CENTRAFRIQUE : LES REBELLES VONT SUSPENDRE LA CONSTITUTION

25 Mars 2013 , Rédigé par LE MONDE Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

assemblee-nat.jpgLe chef de la rébellion centrafricaine Séléka, Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir dimanche 25 mars à Bangui, toujours en proie aux pillages, a annoncé lundi qu'il allait suspendre la Constitution et légiférer par ordonnances pour conduire la transition du pays, dans un discours à la presse.

"J'estime nécessaire (...) de dissoudre l'Assemblée nationale ainsi que le gouvernement. Pendant cette période de transition qui nous conduira à des élections libres, crédibles et transparentes, je vais légiférer par ordonnances", a déclaré Michel Djotodia, qui envisageait auparavant, au micro de Radio France internationale, d'organiser ces élections d'ici à trois ans.

Ce coup d'Etat, qui a poussé le président François Bozizé à fuire en République démocratique du Congo, a été largement condamné par la communauté internationale, lundi. L'Union africaine a suspendu la participation de la Centrafique à l'organisation. Elle a également imposé des sanctions (restrictions de voyage et gels d'avoirs) à sept responsables de la rébellion. Paris a condamné "le recours à la force ayant abouti à la prise de pouvoir"dans le pays. La France a envoyé trois cents soldats supplémentaires, en renfort des deux cents déjà sur place, mais n'envisage pas d'évacuation de ses ressortissants.

Lundi soir, le ministère de la défense a précisé que les forces françaises chargées de la protection de l'aéroport de Bangui avaient fait feu lundi sur des véhicules qui tentaient d'y pénétrer, tuant deux ressortissants indiens et blessant plusieurs personnes, indiennes et tchadiennes. "Regrettant profondément ce drame", le ministre Jean-Yves Le Drian a demandé une enquête visant à en déterminer les circonstances exactes, a précisé le ministère.

"MAINTIEN DU GOUVERNEMENT"

Les Nations unies ont annoncé lundi que leurs bureaux et des logements de personnels en Centrafrique avaient été pillés ce week end. Des coups de feu sporadiques étaient encore entendus à Bangui lundi. Dans l'après-midi,  le Conseil de sécurité doit tenir des consultations à New York afin de déterminer "comment revenir à la situation constitutionnelle", a expliqué l'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud. Le diplomate a également souligné la nécessité "d'avoir des élections le plus rapidement possible".

Dès dimanche soir, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'était déclaré inquiet des violations de droits de l'homme, tandis que Washington appelait "de manière urgente" le Séléka (la rébellion) à "rétablir la loi et l'ordre" dans la capitale.

La rébellion avait lancé une première offensive le 10 décembre dans le nord du pays et enchaîné victoire sur victoire face aux forces gouvernementales désorganisées, avant de stopper sa progression sous la pression internationale à 75 km au nord de Bangui. Un accord conclu à Libreville en janvier avait débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale. Arguant du non-respect de ces accords, les rebelles ont déclenché à nouveau les hostilités vendredi.

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