Centrafrique : la date des élections déclarée légale par la commission électorale

2 Avril 2010 , Rédigé par Afp Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

ALeqM5gdUygc0FtfiGLPfF5FVEUjGVW1TA-1.jpgBANGUI — La nouvelle date des élections présidentielle et législatives le 16 mai est légale, a déclaré jeudi à l'AFP Rigobert Vondo, rapporteur général de la Commission électorale indépendante, en réponse à un membre de l'opposition qui estimait la date "pas valable".

"Le chronogramme (calendrier, ndlr) des élections de la CEI a été adopté en plénière et par consensus, mais je précise que c'est avec amendements", a déclaré M. Vondo, précisant que les amendements concernaient non pas la nouvelle date choisie, mais le "redéploiement des coordonnateurs de la CEI sur le terrain en vue de la révision de la liste électorale, et des moyens devant être mis à leur disposition".

"Les obstacles à l'adoption de cette date ont donc été élagués. C'est ainsi que le président de la CEI a proposé la date du 16 mai au président de la République", a ajouté le rapporteur général.

Me Henri Pouzère, coordonnateur de l'Union des forces vives de la nation (UFVN, principale coalition de l'opposition), avait affirmé mercredi à l'AFP que le décret présidentiel instaurant la nouvelle date n'était "pas valable" parce que la proposition de la CEI n'avait pas été prise en réunion plénière, assurant avoir contacté des membres de l'UFVN au sein de la CEI.

Une affirmation démentie par M. Vondo: "Me Henri Pouzère n'est pas membre de la Commission électorale indépendante et c'est pourquoi je suis convaincu qu'il lui échappe certaines choses. Je ne suis pas certain que les représentants de l'UFVN à la CEI puissent être d'accord avec ce qu'il dit".

Les élections présidentielle et législatives en Centrafrique, prévues le 25 avril, ont été reportées au 16 mai, selon un décret présidentiel lu mardi en soirée à la radio nationale.

Mais l'opposition et les rebelles ayant signé les accords de paix ont demandé jeudi à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) "d'intervenir" pour les reporter encore.

"Compte tenu du rôle important que joue la Francophonie dans ce processus électoral, nous vous prions d'intervenir auprès du président François Bozizé pour abroger le décret convoquant le corps électoral", écrit le Collectif des forces du changement.

Le collectif regroupe à la fois la principale coalition d'opposition l'Union des forces vives de la nation (UFVN), les "Autres Partis" (coalition de partis d'opposition non-membres de l'UFVN), et les mouvements politico-militaires ayant intégré le processus de paix.

Le collectif estime que "les conditions matérielles et politiques préalables à l'organisation d'une élection crédible ne sont pas réunies".

Le collectif dénonce notamment le "non achèvement du Programme DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion des groupes rebelles), les déplacements des populations à l'intérieur et à l'extérieur du pays, qui sont estimées à 438.134 (personnes), (...) l'insécurité du fait des rébellions dans huit préfectures sur seize, l'inexistence des listes électorales fiables et incontestables, le découpage électoral non équitable".

L'UFVN milite pour un report de la date initiale du 25 avril au-delà du délais constitutionnel du 11 juin (fin du mandat du président François Bozizé). "Toutes les conditions ne sont pas réunies au plan sécuritaire, au niveau du recensement ou de la révision de la liste électorale. Il est irréaliste d'aller aux élections le 16 mai", estime Me Pouzère.

Par ailleurs, M. Vondo a précisé que "conformément aux dispositions du Code électoral, qui stipulent que +le dossier de candidature doit être déposé pour enregistrement trente jours avant l'ouverture des campagnes électorales pour les élections présidentielle et législatives+ (...) la date de clôture de dépôt des candidatures est fixée au 3 avril 2010 à minuit".

Le général Bozizé, 63 ans, au pouvoir depuis son coup d'Etat en mars 2003 et élu en mai 2005, est candidat à sa succession. Ses plus grands rivaux devraient être l'ancien président (1993-2003) Ange-Félix Patassé, qu'il a renversé en 2003, et l'ex-Premier ministre (2001-2003) Martin Ziguélé.

L'ex-ministre et opposant Eloi Anguimaté, chef de la Convention nationale (CN), ainsi que la ministre déléguée à la Décentralisation Marie Reine Hassène (indépendante) complètent la liste actuelle des candidats déclarés.

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