Centrafrique - Crise Politique : L’opposition dénonce un « vice de procédure » dans le report des élections

2 Avril 2010 , Rédigé par Afriscoop Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

photo_1_v2.jpg(AfriSCOOP) — Les opposants ne sont pas satisfaits du dernier report au 16 mai, des élections présidentielle et législatives décidé mardi par le président François Bozizé, en Centrafrique. Ils dénoncent un « vice de procédure » et exigent que les scrutins soient repoussés au-delà des délais du 11 juin, date de la fin de mandat de l’actuel chef de l’Etat.

 

« Le Code électoral est clair et précis : c’est sur rapport de la plénière de la Commission électorale indépendante (Céi) que le président de la République convoque le corps électoral et non pas sur rapport du président de la CEI », a déclaré mercredi, Me Henri Pouzère, coordonnateur de l’Ufvn aux confrères de l’AFP.

« L’UFVN a contacté ses représentants à la CEI (...) ceux-ci ont été surpris d’entendre qu’un décret (...) était déjà publié. Une fois de plus, il y a vice de procédure et il y a lieu de se demander si le président de la Céi n’est pas en train de s’amuser », a ajouté Me Pouzère.

Mardi, un décret présidentiel a annoncé le report des élections au 16 mai dans ce pays déchiré par des rebellions internes, depuis plusieurs années. François Bozizé cédait ainsi aux pressions de la communauté internationale et de son opposition réunie au sein de l’Union des forces vives de la nation (Ufvn).

Mais, les détracteurs de M. Bozizé ne sont toujours pas satisfaits. Ils jugent « irréalistes », la tenue des élections le 16 mai.

« La date des élections doit être fixée au-delà des délais constitutionnels parce que toutes les conditions ne sont pas réunies au plan sécuritaire, au niveau du recensement ou de la révision de la liste électorale. Il est irréaliste d’aller aux élections le 16 mai », estime Me Pouzère.

Par conséquent, pour l’Ufvn, le décret de mardi « n’est pas valable et la date qui est fixée pour les élections n’est pas valable du tout ».

Pays riche en or, diamant et uranium, la Centrafrique est marquée par une population majoritairement pauvre. La démocratie n’a pas su s’instaurer loin des bruits de bottes dans cet Etat en proie à des rebellions intérieures, depuis plusieurs années.

En 2003, Ange-Félix Patassé est renversé par le général François Bozizé (63 ans). Ce dernier remporte la présidentielle de 2005 et espère rempiler pour un second mandat.

Partager cet article

Commenter cet article