CENTRAFRIQUE - CRISE : LA REBELLION ET LE POUVOIR ENTAMENT DES NÉGOCIATIONS

8 Janvier 2013 , Rédigé par L'EXPRESS.FR Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

1218494_le-chef-de-la-delegation-du-pouvoir-centrafricain-j.jpgLes pourparlers entre le pouvoir, l'opposition et la rébellion s'ouvrent ce mardi à Libreville, au Gabon. La coalition Seleka, principale force de cette dernière, demande toujours le départ du président Bozizé, attendu dans la capitale dans les prochains jours.

 

BANGUI - Le chef de la délégation du pouvoir centrafricain, Jean Willybero-Sako, s'est dit "serein" à propos des négociations qui débutent ce mardi.
afp.com/Sia Kambou
Les discussions vont pouvoir commencer. Les délégations du pouvoir et de l'opposition de Centrafrique sont arrivées ce mardi à Libreville, au Gabon. Elles y ont rejoint les représentants de la rébellion afin d'engager de cruciales et difficiles négociations de paix, sous l'égide des pays d'Afrique centrale

Ces pourparlers entre le pouvoir fragilisé de Bangui et la rébellion, déclenchée le 10 décembre dernier et qui contrôle la majeure partie du pays, seront précédés d'une réunion du conseil des ministres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC).

Dans un bref communiqué, la CEEAC évoque "la complexité de la tâche" qui lui est assignée, sans préciser le calendrier des pourparlers à venir. L'objectif est de sortir la Centrafrique, Etat membre de la sous-région, d'un profond conflit politico-militaire.

Un gouvernement d'union nationale ?
Une délégation des rebelles, dirigée par le chef de la coalition Seleka Michel Djotodia, est arrivée la première lundi soir à Libreville. Le Seleka réclame le départ du président François Bozizé. "On ne peut pas faire la guerre sans la paix et vice versa. On est là, on va discuter, on va se comprendre. Après tout, nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des frères", a déclaré Michel Djotodia. "Ce n'est pas moi qui vais faire partir Bozizé, il y a une coalition et il y a aussi l'opposition démocratique qui est là (...) On va se retrouver et on verra ce qu'il y a lieu de faire", a-t-il ajouté.

 

Les délégations du gouvernement et de l'opposition ont quitté la capitale centrafricaine ce mardi matin pour Libreville. L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga les accompagne en tant qu'observateur, ainsi que d'autres membres de la société civile.

Lundi, le chef de la délégation du pouvoir, Jean Willybero-Sako, s'est déclaré "serein". Il a estimé que les concessions du président Bozizé, qui a proposé un gouvernement d'union nationale et assuré qu'il ne se représenterait pas à la prochaine présidentielle, "avaient débloqué beaucoup de choses (...) Cela a montré une certaine volonté d'aller de l'avant, de tenir compte des préoccupations des uns et des autres." Interrogé sur l'exigence des rebelles que le président Bozizé quitte ses fonctions, le chef de la délégation du pouvoir a mis en avant l'importance de respecter la Constitution.

400 soldats sud-africains pour aider Bozizé
François Bozizé, fragilisé depuis la déroute de l'armée régulière face aux rebelles du Seleka, devrait se rendre à Libreville dans le courant de la semaine, si les délégations arrivent à s'accorder sur une sortie de crise qui semble difficile à trouver. Le président centrafricain s'est rendu lundi à Brazzaville pour préparer avec son homologue congolais Denis Sassou Nguesso, dont il est proche, les pourparlers à venir.

Denis Sassou Nguesso a été désigné médiateur par ses pairs d'Afrique centrale. Il a appelé lundi à "oeuvrer inlassablement à la consolidation de la paix en République centrafricaine, en amenant le gouvernement et la rébellion armée au dialogue".

Les rebelles réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir. Ils demandent comme condition au dialogue le "départ" du président Bozizé. Celui-ci pourrait compter sur le déploiement de 400 soldats sud-africains dans le pays, la présidence sud-africaine ayant invoqué "une obligation internationale de l'Afrique du Sud envers la Centrafrique".

D'autres opposants en exil, qui ne sont pas invités aux négociations, ont dénoncé une "feuille de route irréaliste" imposée "avec la complicité machiavélique du président Bozizé".

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