BAMBARI : DES VICTIMES TÉMOIGNENT

22 Janvier 2013 , Rédigé par RJDH-RCA Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

20121223232824642734_20.jpgLa population et surtout les agents de l’Etat sont tous au champ, fuyant les représailles des rebelles.

A Bambari, Grimari ou Sibut, on n’a jamais connu l’opulence. Mais depuis que la Seleka a conquis ces villes, le quotidien a sérieusement empiré. Dans la seule de ces trois localités à avoir connu des combats, Bambari, toutes les administrations ont été saccagées. Des entreprises ont été pillées et les habitants sont inquiets ou en colère. C’est ainsi, qu’une quinzaine d’étudiants de l’Ecole normale des instituteurs (ENI) de Bambari qui a quitté la ville, après l’occupation par les rebelles de la Séléka et est arrivée à Bangui le 15 janvier. 

Parmi eux, certains acceptent de témoigner leur vécu pendant les moments de crise et la situation actuelle de la ville. «Nous avons passé 15 jours à marcher tantôt sur la route, tantôt dans la forêt avant d’arriver à Bangui. Nous ne pouvons pas rester sur place dans la ville puisque nous n’avons plus de ressources pour subvenir à nos besoins. La plupart des normaliens n’ont pas de parents dans la ville. Et comme nous ne voulons pas mourir de faim, nous avons décidé de descendre sur Bangui», a témoigné Wilfried Wallo.
Il affirme que la ville de Bambari est presque déserte. 

La population et surtout les agents de l’Etat sont tous au champ, fuyant les représailles des rebelles. Ceux-ci avaient commencé dès la prise de la ville à faire une chasse aux sorcières contre les fonctionnaires et agents de l’Etat centrafricain. Ils ont été aidés dans leurs macabres besognes par les jeunes qui avaient accepté de rejoindre les rangs des rebelles. Ces jeunes jouaient aux indicts contre les fonctionnaires, les commerçants et les hommes d’affaires de Bambari dans le but de bénéficier du pillage.

Un autre témoin a fait savoir que la population vit dans un climat de peur. «A la moindre erreur, les rebelles sanctionnent. Le plus souvent par des exécutions sommaires. La ville de Bambari jadis resplendissante, a perdu tous ses attraits. Le jour, nous avons l’impression de vivre dans une ville fantôme. Je ne sais pas dans combien de temps l’Etat va remettre tout cela en place», s’est- il interrogé. Par ailleurs, Il a souligné que la population a besoin d’une assistance médicale, afin de pallier aux épidémies du paludisme et de la diarrhée, dus aux piqures de moustiques et le manque d’eau potable. La société d’eau étant fermée et la population est obligée de consommer de l’eau de puits, mal entretenue. «Une action d’urgence est nécessaire pour la survie de la population», a suggéré un des témoins.

Par RJDH-RCA - 21/01/2013

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