Guinée Conakry : apocalypse en cours

15 Février 2007 , Rédigé par indymedia Publié dans #NOUVELLES D'AFRIQUE

Peu d'infos sortent de guinée conakry, les cybercafés sont fermés, aucun avion n'atterrit ou ne décolle, le pouvoir et l'armée ont 12 jours pour rétablir l'ordre en commettant tous les massacres dont ils ont l'intention, 12 jours pour assassiner les syndicalistes, les opposants et la société civile guinéenne, ne laissons pas ce crime contre l'humanité se commettre dans notre silence.

Ce mercredi, 14 février, il est 13 heures 30 à Conakry. Le couvre-feu est suspendu pour quelques heures encore. La capitale ressemble à un énorme champ de bataille.

Au quartier Lambadji et dans toute la haute banlieue, partout des carcasses de voitures calcinées et jetées sur les trottoirs. Et sur les fossés bordant la route qui mène au marché de Taouyah, il ya encore des pneus incandescents. Des patrouilles militaires font la ronde avec des armes de guerre et lâchent des rafales à tue-tête...

Des jeunes garçons déambulent sur les stigmates des pillages des magasins et commerces du marché, déserts. Les rares véhicules qui s'aventurent, en quête de provisions, roulent à tombeau ouvert, malgré les gros cailloux qui jonchent l'asphalte noircie de suie de pneu et de troncs d'arbres.

Une bataille rangée se déroule à Cosa, autre quartier "chaud" de la banlieue de Conakry, entre militaires "loyalistes" et les autres qui pillent, volent et violent impunément depuis l'instauration de l'état de siège.

Dans cette situation apocalyptique, personne ne pourra dire comment, quand et surtout qui pourra faire sortir la Guinée de ce pandémonium.

A 14 heures 10 minutes, ce mercredi 14 février 2007, Guineenews a rencontré les deux journalistes de "Liberté FM" qui avaient été embarqués le lundi 12 février dernier par des bérets rouges. Ils venaient de recouvrer leur liberté après deux jours de prison.

"Regardez la plaie sur le cou de David ! Les bérets rouges écrasaient leurs cigarettes sur son cou ! Vous pouvez recevoir des sévices de toutes sortes, c'est vraiment inhumain !", s'est exclamé Mohamed Tondon Camara, rédacteur en chef de "Liberté FM".

Embarqués le lundi 12 février 2007, David Camara, technicien, et Mohamed Tondon Camara, journaliste, ont été conduits, selon leurs explications, au camp Koundara.

Interrogés par un certain Touré, ils ont été sérieusement maltraités avant de voir un certain Harouna Conté, jeune frère du président de la République, penser à leur sécurité : "Vous créez des problèmes à mon frère !", aurait fait remarquer Harouna aux bérets rouges qui continuaient à rouer des coups aux journalistes.

"Visiblement préoccupé par nos souffrances, Harouna nous a demandé (à nous les journalistes puisqu'il y a plusieurs prisonniers) de venir s'asseoir, par terre, près de lui", explique le journaliste qui gesticulait pour mieux illustrer ses propos.

Après le camp Koundara, les journalistes ont été déposés au PM3, près du ministère du Plan. " Là, explique Tondon Camara, le capitaine Bah a dit que ce colis est encombrant. Il a demandé aux gens de nous envoyer ailleurs puisque les lieux de détention sont nombreux..."

Libérés, les journalistes qui s'apprêtaient à rejoindre leurs maisons respectives, bien que maltraités, terrorisés et ayant perdu jusqu'aux téléphones portables, cherchaient à rassurer les proches au téléphone de leur directeur.

A noter que au cours de leur interrogatoire, selon les explications de Tondon Camara, les bérets rouges cherchaient à culpabiliser le Dr. Ibrahima Fofana, secrétaire général de l'USTG.

Par ailleurs, les prisonniers ont remarqué que les bérets rouges détiennent une liste de personnes qu'ils sont en train d'arrêter dans des conditions ignobles : "Ces gens arrivent au camp déshabillés, attachés et sévèrement battus", révèle notre confrère qui dit que les arrestations et les sévices sont au dessus de toutes les imaginations !

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