CENTRAFRIQUE - ACCORD DE SYRTE : POUR L'A.D.P,LA VERITABLE PAIX PASSE PAR LA TENUE D'UN DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF

13 Février 2007 , Rédigé par A.D.P Publié dans #OLIVIER-GABIRAULT

ACCORDS DE PAIX DE SYRTE: l'Alliance pour la Démocratie et le Progrès remonte les bretelles à Bozize

L'ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES (A.D.P) fait remarquer que la compétence des dirigeants d'un pays se mesure pas par leur capacité à résoudre les problèmes sans ou avec peu de conséquences, et surtout à les devancer, les éviter.

Les dirigeants aimant réellement leur pays et qui ont la volonté de le servir loyalement écoutent au moins leur population, leurs conseillers, la communauté internationale et prêtent également attention à l'opposition, sans laquelle il n'y a pas de démocratie.
Dans la grave crise qui secoue la République Centrafricaine depuis plus d'un an, le pays a payé une très lourde facture par le sang, les destructions ainsi que toutes formes de souffrances à cause du manque de clairvoyance, de grossières erreurs et de l'entêtement persistant du pouvoir, dus essentiellement à l'orgueil.

En effet, le pouvoir a manqué de modestie et de clairvoyance en rejetant par pure arrogance, les mises en garde et propositions de L'ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES (A.D.P) faites suffisamment à temps, respectivement les 18 octobre 2005 et 16 mars 2006, dictées essentiellement par le souci de faire préserver la paix dès la naissance de la rébellion armée et de résolution appropriée de la crise par une solution pacifique aussitôt après la reconnaissance officielle de cette opposition armée.

L'orgueil du pouvoir a par ailleurs étouffé de véritables cris de cœur émanant de l'ensemble des composantes de la nation qui, aspirant à la paix et au développement, avaient réclamé depuis plusieurs mois la solution pacifique de cette crise par la tenue d'un dialogue inclusif.
Ce même orgueil a également empêché le gouvernement d'agir conformément à la volonté populaire, au bon moment, pendant qu'il était encore temps, ce qui aurait incontestablement évité la mort de milliers de personnes innocentes au sein de la population civile, de graves atteintes aux droits de l'homme, la destruction, le pillage de villages entiers, la déstructuration sociale par l'éparpillement d'un très grand nombre de familles dans la nature, sans abri, soumises à la faim, à la soif, à la maladie, à la mort sous une forme ou une autre, bref une grave catastrophe humanitaire selon les propres termes des organismes des Nations UNIES, dont les représentants sont présents sur le terrain, sans oublier par ailleurs la grande perte d'animaux des parcs nationaux de la zone, victimes collatérales de bombardements aériens.

La situation consécutive à l'ampleur de ce désastre a finalement obligé le Président de la République, par son discours du 31 décembre 2006, à charger le Pasteur ZOKOE, Président du Groupe des Sages, de prendre des contacts nécessaires pour la tenue du Dialogue Politique en vue de résoudre d'une manière globale la crise que connaît le pays.
Ce dialogue devrait logiquement analyser les causes de la rébellion armée, celles de la crispation entre le pouvoir et l'opposition démocratique, la situation sécuritaire et socio-économique du pays, dans un cadre concerté, avec comme objectif la gestion consensuelle du pouvoir dans l'intérêt du peuple centrafricain, grâce à une paix durable.

Or c'est avec une grande surprise que L'ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES (A D P) a appris la signature d'accords de paix par le Chef de l'Etat et une partie de l'opposition armée.

L'ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES rappelle à ce sujet que la signature d'accords ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen pour assurer la paix et l'unité du peuple centrafricain, conditions incontournables pour son développement.

En signant donc dans la précipitation des accords sans prendre en compte les aspirations profondes du peuple centrafricain, mais mû seulement par le souci de conserver le pouvoir et d'en partager le "gâteau", les accords de Syrte ne peuvent être considérés comme conclus dans l'intérêt de la population centrafricaine.

En ne s'inscrivant pas dans un compromis global avec toutes les composantes de la nation, les accords de Syrte portent en eux-mêmes les germes de troubles futurs.

L'ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES note que les conséquences de l'incohérence des décisions solitaires du Président de la République deviennent de plus en plus préoccupantes sur la vie nationale et l'avenir du pays. Le Chef de l'Etat qui ne cesse d'accuser l'opposition démocratique d'être complice de la rébellion armée pour lui avoir proposé, dans l'intérêt de la nation et indirectement de son pouvoir une solution pacifique à la crise, s'est précipité contre toute attente vers cette même bande armée pour signer, sans aucune gêne, des accords de paix , rentrer au pays dans le même avion avec certains membres de celle-ci pour les loger au «  Palais de la Renaissance », haut lieu et symbole de la République.

L'ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES réaffirme sa condamnation de toute tentative de prise du pouvoir par les armes d'une part et de la désastreuse gestion de la crise par le pouvoir d'autre part.

Elle estime qu'il est totalement inhumain, immoral et irresponsable de la part du pouvoir et de la rébellion de faire couler inutilement, pendant plus d'un an le sang du peuple centrafricain par un affrontement armé et de conclure seulement, et maintenant, des accords de paix, présentés en toute insouciance à la nation comme un mérite, un triomphe, ce qui constitue une véritable insulte à la mémoire de leurs victimes et un choc pour des cœurs encore meurtris.

L'ALLIANCE POUR LA DEMOCRATIE ET LE PROGRES réaffirme certes sa volonté de résolution pacifique de la crise que connaît le pays, mais demeure très réservée quant aux conditions dans lesquelles les accords de paix ont été négociés, signés entre le pouvoir et une partie de la rébellion armée, à cause de nombreuses conséquences prévisibles qui ne semblent apparemment pas avoir été prises en compte.

L'ADP réaffirme l'impérieuse nécessité de la tenue d'un Dialogue Politique inclusif, seul cadre indiqué pour résoudre globalement la crise centrafricaine, en vue d'une paix durable pour le développement national.

Fait à Bangui, le 05 Février 2007

Le PRESIDENT NATIONAL
DU COMITE AD ‘HOC


EMMANUEL OLIVIER GABIRAULT

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étudiant centrafricain 24/02/2007 22:56

Le dialogue c'est pour quand ?