CENTRAFRIQUE - ACCORD DE SYRTE : LA NECESSITE D'UN DIALOGUE S'IMPOSE

8 Février 2007 , Rédigé par le confident Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

ACCORD DE SYRTE : LE TEMPS DU SCEPTICISME ET DES DESACCORDS !..

A peine signé à Syrte en Libye l'accord de Paix avec l'ancienne « Bête Noire » du général François Bozizé est diversement interprété au sein de la classe politique centrafricaine.
Accord de paix ou accord avec le diable ?
Les centrafricains s'interrogent même quand la formule consacrée veut que « la paix n'a pas prix ». D'abord c'était dans une atmosphère de surprise générale que l'on a vu le bras armée de l'ex Président Patassé débarqué à l'aéroport Bangui Mpoko à la suite du Président de la République. La surprise se lisait sur le visage des membres du gouvernement comme sur celui des proches du Chef de l'Etat qui n'en croyaient pas leurs yeux.
Abdoulaye Miskine suivi d'une cohorte d'hommes en treillis à Bangui et libres de leur mouvement, on croit rêver ! Incroyable mais vrai.
La nouvelle va faire le tour de la ville comme une traînée de poudre relayée par une dépêche de Radio France Internationale (RFI) sans grand commentaire déjà considéré par certains alliés du pouvoir comme un « accord historique », un acte de courage au non de la paix et de la réconciliation. Événement quasi surréaliste, car il y a un peu plus de trois ans, le Général François Bozizé mettait un terme brutal au régime de l'ex Président puissamment appuyé par la horde sanguinaire « Banyamulengué », la milice armée d'Abdoulaye Miskine, les mercenaires de Paul Barril et de Lionnel Gan Befio, deux Barbouzes, bien connus des centrafricains pour leur rôle dans le massacre, les crimes, les viols, le Pillage et les destructions de 2001 à 2003.
C'est dire que le mercenaire Abdoulaye Miskine et homme de main de Patassé revient sur les lieux de son crime en « Homme de paix pour avoir enterré la hache de guerre si l'on en croit les termes de cet accord de sept pages signés à Syrte par les représentants du pouvoir de Bangui et deux représentants rebelles Abdoulaye Miskine, André Ringui Le Gaillard) !
Comme d'habitude certains alliés du Président de la République, hier farouchement opposés au principe du dialogue politique et d'un dialogue avec les rebelles armées, vont ruer dans les brancards en applaudissant à se rompre les mains, l'accord de paix de Syrte.
C'est le spectacle médiatique offert par Rigobert Vondo (PUP) et Yerima Faustin (GPPMP) sur les plateaux de la Radio nationale et de la Télévision centrafricaine. Cela se passerait de commentaire si ces deux personnes n'avaient pas auparavant craché sur Abdoulaye Miskine et tous les chefs rebelles considérés comme les ennemis de l'unité nationale, de la Paix, de la sécurité, de la démocratie et du développement. Bref ! Car les hommes politiques centrafricains ont l'habitude d'avoir la mémoire courte pourvu qu'ils plaisent aux princes qui nous gouvernent.
L'opposition centrafricaine représentée par l'UFVN est montée très rapidement au créneau pour apprécier à sa juste valeur cet accord signé en « catimini » par le Président Bozizé et sa bête noire » d'hier Abdoulaye Miskine. Le scepticisme de l'UFVN sera relayé par une déclaration de Martin Ziguélé, un ancien proche de Patassé, qui estime qu'une hirondelle et une seule ne saurait faire le beau temps. En clair, l'opposition démocratique est convaincue qu'un accord partiel avec quelques chefs rebelles ne saura remplacer le dialogue politique sans exclusif seul à même de répondre à toutes les attentes du peuple centrafricain.
Face à l'enthousiasme bon enfant de certains alliés politiques du président de la République, l'opposition politique affiche plutôt la prudence, la vigilance et un certain scepticisme, car « chat échaudé craint l'eau froide ».
Du côté de la rébellion armée en général, l'on a assisté depuis le Week-end dernier à un levier de bouclier dénonçant cet accord de paix considère par l'UFDR notamment comme sans fondement, une « demarche alimentaire et pécuniaire ». L'UFDR ne se reconnaît pas dans cet accord et mise aussi sur le dialogue politique sans exclusif.
Toutefois, une discorde en sourdine agite l'entourage immédiat du chef de l'Etat avec des ex-libérateurs » bien connus, qui verraient déjà d'un très mauvais œil cet accord de paix qui leur resterait en travers de la gorge, tant ils n'ont pas oublié les exactions de Abdoulaye Miskine et ses hommes ainsi que les humiliations des Banyamulengué.
Le temps du scepticisme et des désaccords donc !...


Mercredi 07 Février 2007
Jean Ding Kpi
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