Les contours du dialogue

6 Février 2007 , Rédigé par cameroun tribune Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

Les contours du dialogue

Alors qu'il s'était jusqu'ici illustré par des propos plutôt venimeux envers celui qui lui avait ravi le pouvoir par les armes le 15 mars 2003, l'ex-président centrafricain Ange Félix Patassé, en exil depuis cette date à Lomé, vient d'envoyer un geste d'apaisement envers son tombeur.

Vendredi dernier, depuis la capitale togolaise, il a convié le président centrafricain François Bozizé, ainsi que l'ancien chef d'Etat André Kolingba à des pourparlers directs à trois.

Si l'on en croit Ange-Félix Patasse, cette rencontre tripartite qualifiée de voie de la sagesse, devra servir de point de départ à un véritable dialogue national sans exclusive qui, à ses yeux, devient de plus en plus incontournable.

Mais dans l'immédiat, la rencontre entre Bozizé et ses deux prédécesseurs permettra d'extirper toutes les rancoeurs parfaitement inutiles et surtout nuisibles à la paix en Centrafrique. M. Patassé est d'ailleurs convaincu que ce sont ces rancoeurs qui sont à l'origine de toutes les crises militaro-politiques récurrentes qui secouent ces derniers mois leur pays.

Cet appel de l'ex-président Patassé intervient au moment même où le chef de l'Etat, François Bozizé, rentre triomphalement à Bangui en compagnie d'un certain Abdoulaye Miskine, celui-là même avec qui il vient de signer à Tripoli un accord de paix qui, théoriquement, met fin à une brouille de quatre ans entre les deux hommes. Ancien chef de la garde rapprochée de Patassé, chef du front démocratique de libération du peuple centrafricain (FDPC), Abdoulaye Miskine a mis à feu et à sang le nord-est de la république centrafricaine en octobre et novembre 2006, s'emparant de plusieurs villes avant de se voir stopper net par l'armée française.

 L'accord qu'il a signé la semaine dernière, avec le gouvernement centrafricain prévoit outre le cessez-le-feu immédiat, l'intégration des rebelles dans la vie politique et dans l'armée centrafricaine, ainsi que la remise en liberté de leurs camarades détenus en Centrafrique . C'est un texte capital, mais il ne garantit pas la paix.

En effet, pour qu'une paix durable intervienne en république centrafricaine, il va sans dire que d'autres groupes rebelles qui infestent actuellement cette région du nord-est centrafricain, tel que l'UFDR de Sabone Abakar, devront aussi, à leur tour, parapher le document. Il en est de même de tous les déçus du coup d'Etat du 15 mars 2003. Ceux qu'on appelle aujourd'hui dédaigneusement, les ex- libérateurs. Plusieurs de ces combattants ont accompagné à partir du sud du Tchad le général Bozizé, alors en rébellion, dans la prise de Bangui en mars 2003.

Une partie d'entre eux a été incorporée dans l'armée. Le gros des troupes a cependant été démobilisé et s'estime donc lésé ; c'est à ces gens qu'on attribue tous les maux du pays : " ils braquent, violent, tuent en toute impunité " se plaignent les habitants de Bangui. De toute évidence donc, tous ces problèmes ne peuvent être résolus qu'entre Centrafricains, autour d'une table, qu'elle soit ronde ou non.



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