GUINEE CONAKRY - MANIFESTATIONS : LA GREVE GNERALE MORTELLEMENT REPRIMEE

19 Janvier 2007 , Rédigé par A.F.P Publié dans #NOUVELLES D'AFRIQUE

Deux nouveaux morts lors de la répression de manifestations

GUINÉE - 19 janvier 2007 - AFP

(JPEG)Deux personnes ont été tuées par balles vendredi en Guinée lors de nouvelles manifestations réprimées par les forces de l'ordre, portant à cinq le nombre de morts depuis le début de la grève générale illimitée qui bloque les activités du pays depuis le 10 janvier.

Pour la septième journée consécutive, les manifestations ont repris vendredi matin dans la banlieue de Conakry et dans plusieurs villes de l'est du pays, déclenchant une réaction immédiate des forces de l'ordre, qui ont dispersé les marches en tirant des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes.

Plusieurs témoins contactés dans ces zones par l'AFP ont également vu certains policiers tirer des rafales en l'air pour faire fuir les manifestants.

Un lycéen de 17 ans a été touché par balle à la fesse lors de la dispersion d'une manifestation par la police dans le quartier de Dar es Salaam, dans la banlieue de la capitale. Il est décédé "après avoir perdu trop de sang", a indiqué à l'AFP un médecin du centre de santé du quartier.

A Kissidougou (à environ 500 km à l'est de Conakry), un jeune homme d'une vingtaine d'années est également mort "par balle", ont indiqué plusieurs témoins et des membres de sa famille sans pouvoir fournir plus d'indications.

Dans cette ville et celle de Kankan, située à quelque 200 km plus au nord, des milliers de manifestants ont été dispersés dans la matinée par la police, ont rapporté des témoins.

Dans le quartier de Enco 5, situé dans la banlieue de Conakry, des petits groupes de jeunes manifestants s'en sont également pris aux forces de l'ordre en faction qui ont répliqué par des tirs de balles en caoutchouc, selon plusieurs habitants de la zone.

Les décès enregistrés vendredi portent à cinq le nombre de morts depuis le début de la grève générale illimitée qui paralyse toutes les activités du pays depuis le 10 janvier.

L'activité était toujours totalement bloquée par la grève vendredi dans les principales villes du pays, où la plupart des commerces et administrations étaient fermés et les rues quasiment désertes, selon des sources concordantes.

L'intersyndicale Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG)/Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), à l'initiative du mouvement, entend protester contre la corruption, les détournements de fonds publics et l'"ingérence" du président Lansana Conté dans les affaires judiciaires.

L'intersyndicale reproche à M. Conté d'avoir libéré, à la mi-décembre, l'ex-président du patronat Mamadou Sylla et l'ancien ministre Fodé Soumah, pourtant inculpés de détournement de fonds publics.

Les syndicats, soutenus par 14 partis d'opposition, affirment ne pas fermer la porte aux négociations mais souhaitent que soit "constatée la vacance du pouvoir" devant la "dégradation" de l'état de santé du président.

Une fois constatée cette vacance, les syndicats demandent "la tenue d'un débat national", sans toutefois faire de proposition concrète.

Il s'agit de la troisième grève générale en un an dans ce pays d'Afrique de l'ouest. Le général Conté, 72 ans, est affaibli notamment par un diabète, et sa santé défaillante a accentué les inquiétudes d'une déstabilisation d'un pays en proie depuis des années à une crise économique et politique ainsi qu'à des tensions ethniques.

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