ETATS UNIS/SOMALIE - AL QUAÏDA : BOMBARDEMENTS AMERICAINS CONTRE LES COMBATTANTS ISLAMISTES

10 Janvier 2007 , Rédigé par A.F.P Publié dans #NOUVELLES D'AFRIQUE

Raids aériens américains en Somalie

 

MOGADISCIO (AP) - L'aviation américaine a bombardé lundi des objectifs en Somalie, visant des

lasik et air force

 combattants islamistes soupçonnés d'avoir participé aux attentats contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie en 1998, selon des responsables du gouvernement somalien. D'autres bombardements ont été signalés mardi.

Les attaques de lundi ont fait un grand nombre de victimes parmi les islamistes, d'après ces responsables, tandis que certains témoignages faisaient état de victimes civiles, sans que l'on puisse vérifier ces bilans de source indépendante.

Un responsable des services secrets américains a précisé, sous couvert d'anonymat, que cinq à dix personnes liées à Al-Qaïda ont été tuées lors de cette opération. Selon ce responsable, quatre ou cinq autres personnes présentes ont été blessées. Les Etats-Unis travaillent toujours à établir leur identité, a-t-il dit.

Un responsable du gouvernement américain a seulement précisé qu'au moins un avion de type AC-130 (plate-forme d'artillerie volante) avait été utilisé. La Maison Blanche et le Département d'Etat se sont refusé à tout commentaire.

Il s'agit de la première opération américaine déclarée en Somalie, où les Etats-Unis gardent un mauvais souvenir de leur intervention manquée de 1993, qui s'était soldée par la mort de 18 GI's.

D'après des responsable somaliens, l'un des raids a été mené lundi après-midi dans le secteur de Ras Kamboni, à la pointe sud de la Somalie, soupçonné d'abriter une base terroriste liée, selon Washington, au mouvement Al-Qaïda. Les forces somaliennes et éthiopiennes ont encerclé le bastion au cours des derniers jours, alors que des bâtiments américains patrouillaient au large pour empêcher toute retraite.

D'après des témoins, au moins quatre civils ont été tués dans un autre bombardement à 50km à l'est d'Afmadow. "Mon petit garçon de quatre ans a été tué dans le bombardement", a déclaré à l'Associated Press un de ces témoins, Mohammed Mahmoud Bourale.

"Nous ignorons combien de personnes ont été tuées dans l'attaque mais nous savons qu'il y a de nombreuses victimes. La plupart sont des combattants islamistes", a de son côté affirmé le porte-parole du gouvernement somalien, Abdirahman Dinari.

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a affirmé au "Monde" daté de mercredi que "beaucoup de terroristes internationaux (étaient) morts en Somalie". "Les Kényans détiennent des porteurs de passeports érythréens et canadiens. Nous avons blessé des gens venant du Yémen, du Pakistan, du Soudan, du Royaume-Uni", a-t-il ajouté.

Mardi, des témoins ont signalé de nouveaux bombardements dans le sud, réalisés par des hélicoptères dont on ignorait s'ils étaient américains ou éthiopiens.

Le président somalien Abdullahi Youssouf a estimé mardi que les Etats-Unis avaient le droit de lancer des opérations contre des membres présumés d'Al-Qaïda dans son pays. "Les Etats-Unis ont le droit de bombarder les terroristes présumés qui ont attaqué leurs ambassades au Kenya et en Tanzanie", a-t-il déclaré à la presse à Mogadiscio.

Le vice-Premier ministre somalien Hussein Aidid a confirmé à l'Associated Press que "les Etats-Unis tentaient de tuer des terroristes d'Al-Qaïda qui avaient perpétré des attentats contre leurs ambassades au Kenya et en Tanzanie". "Ils ont notre soutien total pour ces attaques", a-t-il souligné.

Le ministre italien des Affaires étrangères Massimo d'Alema a lui fait part de l'opposition de son pays à de telles actions "unilatérales", "qui pourraient déclencher de nouvelles tensions" dans la région.

Les Etats-Unis affirment depuis le 11 septembre 2001 que Ras Kamboni abrite une base tenue par des islamistes liés au réseau Al-Qaïda. Le cerveau des attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998, le Comorien Fazul Abdullah Mohammed, s'y serait réfugié, selon le témoignage d'un des poseurs de bombe.

Le Conseil des tribunaux islamiques, renversé au cours des deux dernières semaines avec l'aide des forces éthiopiennes, a toujours nié tout lien avec Al-Qaïda. Dans la foulée de la défaite-éclair des militants islamistes, le numéro deux du réseau Ben Laden, Ayman al-Zawhari, a exhorté la semaine dernière les Somaliens à lutter contre les "forces d'invasion croisées éthiopiennes". AP

ir-ll/v0272/st/lp

Partager cet article

Commenter cet article