CENTRAFRIQUE - CONCERTATION POLITIQUE : LE TEMPS DU RASSEMBLEMENT ?

4 Janvier 2007 , Rédigé par LE CONFIDENT Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

VOUS DITES « GOUVERNEMENT DE LA MAJORITE », F. BOZIZE PARLE « D'UNION SACREE » ET DE « GESTION CONSENSUELLE »


Le président François Bozizé
Tous les observateurs s'attendaient à ce que le Président de la République évoque un tant soi peu la question du prochain remaniement qui préoccupe à un haut degré la classe politique centrafricaine.
Cette question n'a même pas été effleurée et ceux qui veulent faire de leurs fonctions un simple fond de commerce, peuvent se frotter les mains à l'idée que le Président de la République leur donne encore du temps. Le temps des messes de minuit et des pratiques irrationnelles ou obscurantistes en vogue au niveau d'une élite politique capable de tout pour se maintenir à la table de la mangeaille de la République.
Toutefois, le Président François Bozizé paraît avoir donné quelques indications politiques en ce qui concerne la nature du prochain gouvernement de la coalition de la majorité (GPPMP, Convergence KNK, PSD, FODEM, MDI, UPMCA…), gouvernement de large ouverture ? Toutes les questions sonT permises à un moment où chaque mot du Président de la République est pesé et sous pesé. On scrute même le ciel pour savoir s'il aura ou non un déluge en ce début de saison sèche.
Mais François Bozizé nous a quelque peu surpris en reprenant l'un de ses credo de 2006, à savoir : « aucun clan, aucune ethnie, aucune famille, aucune région, aucun parti politique ne peut investir seuls toute la sphère politique de l'Etat ». En clair, François Bozizé se présente encore comme le « grand rassembleur du peuple centrafricain » après Barthélemy Boganda. Rassembleur et non diviseur. Constructeur et non destructeur…
D'où le concept « d'Union sacrée » qui est revenu plus d'une fois dans ce discours de l'an où le Président de la République s'est voulu plutôt conciliant au lieu d'afficher l'arrogance, le mépris et la suffisance habituels à l'égard de ses concitoyens. Certes, il garde encore et toujours une dent rageuse contre les journalistes, les magistrats et les défenseurs des droits de l'homme, mais il donne l'impression de vouloir prolonger encore l'expérience de la « gestion consensuelle » qui est un acquis de la Transition Consensuelle. Mais quel consensus s'interrogeront ses détracteurs qui ne manquent pas d'arguments ; pour l'accuser de gestion solitaire, autoritaire, personnelle, et presque dictatoriale. Les évènements autour de l'Église Kina le présentent plutôt comme un « pyromane en chef » que comme un rassembleur et un modérateur en cas de conflits ou du différend communautaire.
« Rassemblement », « Union Sacrée », « gestion consensuelle » voilà quelques mots-clés d'un discours somme toute mesuré qui essaie de séduire après plusieurs bévues et dérapages du langage tant à Bangui que dans l'arrière-pays (Mbaïki, Boda, Bangassou, Bria, Bakouma, Bouar…). On voit mal comment le Président Bozizé pourra satisfaire la demande pressante de sa majorité qui n'a pas vraiment droit au chapitre et qui souhaiterait ardemment participer de manière significative au prochain gouvernement.
Dans la perspective d'un nouveau gouvernement d'Union Nationale comme en 1996, on voit aussi mal comment le Président va choisir un Premier ministre de sa majorité quand bien même il ne manque pas de « Premier ministrables » dans cette composante politique qui tient d'ailleurs le parlement avec une majorité écrasante.
Voudrait-il une nouvelle fois encore ne pas trop tirer sur la ficelle qui risque de rompre ? Dans tous les cas, l'idée d'une ouverture politique » est entrain de faire son petit bonhomme de chemin. Et c'est peut-être même pour cette raison que le Président de l'Union Africaine, M. Alpha Omar Konaré a séjourné récemment à Bangui et au Palais de la Renaissance afin de faire fléchir le président centrafricain trop rigide et manquant parfois de tact.
Il ne serait donc pas étonnant que le remaniement annoncé soit volontairement retardé pour une dernière retouche qui tienne compte des nouvelles donnes politiques du moment.
Dans ces conditions, vous dites « gouvernement de la majorité », le président François Bozizé annonce en fin de compte un « gouvernement de consensus » au nom de la Paix, de l'Unité et de la réconciliation. Mais cela reste à vérifier sous « l'auguste » signature du chef de l'Etat.


Mercredi 03 Janvier 2007
Jean Ding-Kpi

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