CENTRAFRIQUE - DIALOGUE POLITIQUE : LA DIFFICILE AVANCEE VERS LE DIALOGUE

28 Décembre 2006 , Rédigé par LE CONFIDENT Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

LA RENCONTRE GPPMP – UFVN A DU PLOMB DANS L'AILE

Centrafrique_DRAPEAU.gifCes derniers jours, il est fait mention de la possibilité d'une concertation des partis de la majorité, réunis au sein du Groupe des Partis Politiques de la Majorité Présidentielle (GPPMP) et ceux de l'opposition représentés par l'Union des Forces Vives de la Nation pour le renouveau démocratique (UFVN). Cette rencontre serait l'initiative des partis politiques membres du GPPMP en réponse à la sollicitation des uns et des autres pour un dialogue politique sur les crises qui secouent les parties nord-ouest, nord et le nord-est du pays.
Il faut dire que des appels pressants quant à l'organisation d'un dialogue politique ont été émis depuis les évènements de Paoua, Markounda et Kabo par les forces vives de la Nation, les groupes rebelles et la société civile. Malgré ces appels, le pouvoir de Bangui a opté pour la solution militaire. L'intervention des FACA, soutenues par les éléments du détachement français avec leur aviation, l'aide de l'armée tchadienne et des éléments de la FOMUC ont réconforté le régime de Bangui dans cette option militaire. Bozizé avait entre temps réuni de manière informelle, les partis politiques de la majorité, la société civile dans l'hémicycle de l'Assemblée pour, dit-il, dialoguer sur les problèmes qui minent le développement du pays. Cette rencontre a été boycottée par l'UFVN qui souhaite un dialogue politique réunissant l'opposition politique démocratique et armée avec la majorité présidentielle, plutôt qu'à une large concertation avec toutes les entités du pays qui annihilerait les maux qui gangrènent le pays.
Après la « victoire militaire » dans le nord, des voix continuent de s'élever tant au sein de la majorité, de l'opposition politique et armée que de la société civile pour exiger un dialogue comme la solution durable aux problèmes centrafricains. Cette demande est relayée aujourd'hui par quelques membres du GPPMP qui voient en cette démarche, un répit pour sauver le pouvoir du chaos dans lequel il s'embourbe. Mais cette initiative ne fait pas l'unanimité au sein de la majorité présidentielle, où les va-t-en guerres s'interposent pour barrer la route à cette démarche.
Au sein de la Convergence Nationale KNK aussi, tout le monde ne semble pas être prêt pour dialoguer avec l'UFVN, dit-on, qui sera très exigeante et pourrait solliciter l'organisation des élections anticipées, la mise en place d'un gouvernement d'Union nationale, la prise en compte des partis de l'opposition dans la gestion du pouvoir et l'amnistie des membres des mouvements rebelles qui écument le nord du pays.
Selon les indiscrétions proches de la Convergence Nationale KNK, d'aucuns auraient souhaité une rencontre pour évaluer le projet de société du candidat François Bozizé mais, le locataire du palais de la Renaissance est réticent à ce choix. De sources proches de la présidence, on signale que certains militants du GPPMP n'apprécient pas l'idée de ce dialogue car, disent-ils, cela risque d'accroître les pouvoirs du Premier ministre. Le constat fait aujourd'hui sur le rôle joué par ce dernier est celui d'un commis du président de la République, chargé d'exécuter son programme politique. Pour cela, certains des partisans du dialogue souhaiteraient qu'il soit à même de prendre certaines décisions sans passer par le chef de l'Etat et de gérer certains grand dossiers qui engagent la vie du pays.
L'autre hypothèse qui fait retarder la rencontre entre les partis politiques réunis au sein du GPPMP et ceux de l'UFVN, se justifie à l'image des initiateurs de cette rencontre dont les partis n'existent que de nom. Selon ces leaders, ce sont des personnalités politiques qui s'adaptent à tous les régimes qui ont dirigé ce pays. En quelque sorte, de caméléons politiques qui sont toujours prêts à retourner la veste pour tomber dans les bras du premier venu.
Mais, le gros du problème réside dans l'assentiment du pouvoir à vouloir réellement dialoguer avec l'opposition politique et armée. On le sait, François Bozizé est toujours réticent au dialogue avec l'opposition politique et armée. Cette position du Général-Président a été souvent évoquée par certains hommes politiques qui pensent qu'il n'est pas accessible. L'on souligne aussi la peur qui gagnerait la présidence de voir le chef de l'Etat, dépouillé de certaines de ses prérogatives à l'issue de ce dialogue.
Il faut relever que l'homme fort de Bangui, auréolé des victoires militaires sur le terrain et surtout de l'aide financière que lui apporte la communauté internationale ces derniers temps, a tendance à raidir sa position pour ne pas s'ouvrir au dialogue tant souhaité par l'opinion nationale et internationale. Le pouvoir devant tous ces faits semble reléguer au second plan, l'idée d'un quelconque dialogue.
Le peuple centrafricain meurtri ne souhaite plus la division mais tout simplement veut aspirer au bien-être social et économique à l'exemple des autres peuples du continent et de la planète.
Pour atteindre ces objectifs, seul un dialogue franc et sans exclusive avec toutes les entités du pays permettra de diagnostiquer les maux dont souffre le pays et y apporter des thérapeutiques appropriées.


Jeudi 28 Décembre 2006
Divine Tékoro
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koli 29/12/2006 16:03

Nous Centrafricains attendons ce dialogue avec impatience ,il ne s'agit pas de sauver un pouvoir mais de sauver un pays.Que chaque centrafricain en soit conscient et soit vigilant sur les principes de ce dialogue