GABON - LEGISLATIVES 2006 : EN ATTENDANT 2012...

17 Décembre 2006 , Rédigé par YAHOO ACTUALITES Publié dans #NOUVELLES D'AFRIQUE

Législatives sans grand danger pour le président Omar Bongo

LIBREVILLE (Reuters) - Les Gabonais ont participé dimanche à des élections législatives qui devraient permettre au président Omar Bongo, l'un des derniers "dinosaures" africains, de consolider son pouvoir dans ce petit Etat pétrolier d'Afrique centrale.

Bongo, qui a plus de 70 ans et qui est désormais le doyen des chefs d'Etat africains francophones, est au pouvoir depuis février 1967, sept ans après l'indépendance de cette ancienne colonie française riche en hydrocarbures, en bois précieux et en uranium. Il a remporté l'an dernier un nouveau septennat.

Certains bureaux de vote ont ouvert avec retard car ils attendaient que soit livré le matériel électoral. Les résultats définitifs sont attendus mardi ou mercredi.

Les partis d'opposition, dont la plupart avaient boycotté les législatives de 2001 en dénonçant des fraudes, étaient représentés par le tiers environ des 850 candidats briguant des mandats à l'Assemblée nationale, qui compte 120 sièges.

Le Parti démocratique du Gabon (PDG) de Bongo dominait l'assemblée sortante avec plus de 90 sièges sur 120. Mais la coalition au pouvoir a paru très divisée à la veille du scrutin.

Le Gabon, situé sur l'Equateur et en grande partie recouvert d'une épaisse forêt pluviale, jouit d'un revenu par habitant très supérieur à la moyenne africaine grâce à une généreuse manne pétrolière et à une micro-population d'environ 1,4 million d'habitants.

INÉGALITÉS

Toutefois, ses réserves pétrolières diminuent et les richesses sont inéquitablement distribuées. Dans la capitale, les palaces et les boutiques de luxe du front de mer ont ainsi du mal à dissimuler le délabrement des infrastructures et de l'habitat des quartiers moins rutilants.

Les adversaires de Bongo tentent de tirer parti du mécontentement de la population face aux inégalités et au chômage dans un pays où malgré les réserves de brut, de bois, d'or de manganèse, de minerai de fer et d'uranium, plus de la moitié des habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

"C'est la première fois que je vote parce qu'il y a, dit-on, de la transparence cette fois. Je vote pour que mon député se fasse entendre à l'assemblée nationale, pour que nous ayons de l'eau courante dans les maisons", a déclaré à Reuters Marianne Doumbou, 31 ans, devant son bureau de vote à Libreville.

Des soldats et des policiers ont surveillé les opérations dans 2.525 centres de vote répartis dans tout le pays.

Les principaux partis d'opposition, tels que l'Union du peuple du Gabon (UPG) et l'Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD) souhaitaient tirer des dividendes électoraux du mécontentement populaire.

Leurs dirigeants, Pierre Mamboundou de l'UPG et Zacharie Myboto de l'UGDD, tous deux battus par Bongo lors de la présidentielle de novembre 2005, veulent aussi asseoir leur crédibilité en tant que possibles successeurs du président.

Mais Bongo a fait savoir qu'il briguerait un nouveau septennat en 2012. Réputé pour son franc-parler et sa malice, il a déclaré à l'antenne de RFI: "Il n'y a pas de dauphin. Qui dit que la succession est ouverte ? Je serai candidat en 2012 si Dieu me donne encore la force."

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