REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO - ELECTIONS 2006 : JOSEPH KABILA 1ER PRESIDENT ISSUE DES URNES

5 Décembre 2006 , Rédigé par AFRIQUE CENTRALE INFOS Publié dans #NOUVELLES D'AFRIQUE

Président pour de vrai
Le président sortant de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila, désigné à la tête de l'Etat en 2001 et élu avec 58% des voix le 29 octobre 2006, prête serment mercredi à Kinshasa, marquant un tournant dans l'histoire de ce vaste pays ravagé par des années de conflits.
 
Porté au pouvoir après l'assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila, 35 ans, sera cette fois investi avec une incontestable légitimité électorale, après un scrutin considéré par les observateurs comme libre et démocratique, en dépit de quelques irrégularités.
 
Des défis colossaux attendent le premier président élu au suffrage universel direct de cette ancienne colonie belge qui n'a connu depuis son indépendance, en 1960, que succession de crises politiques, coups de forces et rébellions.
 
Fanfare et défilé militaire seront au menu de la cérémonie solennelle d'investiture, dans les jardins du palais présidentiel, où des milliers d'invités sont attendus, dont une trentaine de chefs d'Etat, de gouvernements ou de leurs représentants.
 
Le délégation belge s'annonce comme la plus imposante, avec au moins quatre ministres, dont le Premier ministre Guy Verhofstadt.
Parmi les chefs d'Etat africains devrait être présent le Sud-africain Thabo Mbeki, parrain de la transition politique congolaise initiée en 2003 après une guerre régionale de près de cinq ans.
 
 
Sont également attendus les traditionnels alliés du camp Kabila, l'Angolais Eduardo dos Santos et le Zimbabwéen Robert Mugabe, mais aussi des représentants des ennemis d'hier (Rwanda, Ouganda et Burundi), soutiens de rébellions pendant la guerre.
 
L'ONU, qui a déployé en RDC sa plus importante mission de maintien de la paix avec 17.600 Casques bleus, sera représentée par le secrétaire général adjoint Jean-Marie Guéhenno, tandis que l'Union européenne, qui a investi plus de 600 millions d'euros dans le pays depuis la fin de la guerre, devrait envoyer son commissaire au développement, Louis Michel.
 
"C'est un grand moment pour le Congo, qui tourne enfin la page de 45 ans de crise de légitimité politique", commentait un diplomate en poste à Kinshasa.
 
"On ne sait pas ce que Kabila fera de cette légitimité", s'inquiétait un autre diplomate, redoutant que le jeune président "ne résiste à la tentation du népotisme et de la prédation".
 
"Il devra gagner la confiance des bailleurs", prévenait-il, alors que la RDC croule sous une dette multilatérale d'environ 10 milliards d'euros.
75% de ses 60 millions d'habitants vivent avec moins d'un dollar par jour.
 
Pourtant, avec 34% des réserves mondiales connues de cobalt, 10% des réserves de cuivre, mais aussi de l'uranium, de l'or, du bois, du pétrole et un potentiel hydroélectrique de plus de 80.000 MW (le 4e du monde), l'ex-Zaïre pourrait devenir un des moteurs économiques de l'Afrique.
 
Joseph Kabila a fait de la santé, de l'éducation, de l'accès à l'eau et l'électricité et de la construction des routes ses cinq chantiers prioritaires. Il devra aussi mettre en place un système de gestion des ressources minières plus transparent, s'attaquer en profondeur à la corruption de l'Etat et s'atteler sans tarder à la pacification du pays, encore secoué par des troubles récurrents.
 
La capitale Kinshasa, meurtrie par trois vagues de violences depuis le mois d'août, est encore sous haute surveillance policière et militaire.
 
La tension a certes baissé d'un cran après l'annonce par Jean-Pierre Bemba, l'ex-rebelle et vice-président, qu'il acceptait sa défaite, mais une nouvelle brèche s'est ouverte sur le front est, dans la région volatile du Nord-Kivu où l'armée régulière a combattu fin novembre des soldats dissidents réfractaires au processus de réforme de l'armée.

Partager cet article

Commenter cet article