CENTRAFRIQUE - REBELLION : LE SOUTIEN DETERMINANT DES MILITAIRES FRANçAIS

29 Novembre 2006 , Rédigé par AFIQUE CENTRALE INFO Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

Centrafricains et Français chassent la rébellion
L'armée centrafricaine a poursuivi mardi, toujours avec le soutien de militaires français, son opération de reconquête de localités du nord-est du pays tombées depuis fin octobre aux mains d'une rébellion, au lendemain de la reprise de la ville de Birao.
 
Une offensive, menée conjointement depuis depuis Birao (800 km au nord-est de Bangui) et Bria (200 km plus au sud), a débuté mardi matin pour chasser les rebelles des localités de Ouadda-Djallé et Sam Ouandja, a indiqué une source proche de l'état-major des Forces armées centrafricaines (Faca).
 
L'opération vise, semble-t-il, à prendre les rebelles en tenaille, Ouadda-Djallé et Sam Ouandja étant situées entre Birao et Bria.
 
"Depuis les premières heures de la matinée, des rotations d'avions (militaires français) acheminent des troupes sur le terrain depuis Bangui vers le nord-est", a précisé cette source, sous le couvert de l'anonymat.
 
Lundi soir, les autorités de Bangui ont annoncé que les Faca avaient repris, avec "le soutien en matière de logistique et de renseignement de militaires français", la ville de Birao, près des frontières tchadienne et soudanaise, tombée le 30 octobre aux mains de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR).
 
L'UFDR, coalition de rebelles jusqu'ici peu connue, avait ensuite poursuivi sa progression et pris Ouadda-Djallé et Sam Ouandja. Un accrochage avait opposé mi-novembre l'UFDR aux Faca à 80 km au nord de la ville minière de Bria, contraignant les rebelles à se replier.
 
Mardi matin, le chef militaire de l'UFDR, le capitaine Yao Bejo, a déclaré avoir décidé un simple "repli tactique" de Birao. Il a ajouté que c'était "l'armée française qui est intervenue à l'aéroport (de Birao), pas les Faca", alors que Bangui et Paris affirment que l'appui français se limite au renseignement et à la logistique.
 
"On ne veut pas être en conflit avec la France, c'est un pays ami", a-t-il précisé, assurant qu'il n'y avait "pas eu de combats avec les Français".
 
L'état-major des armées françaises a pourtant fait savoir mardi que des soldats français avaient répliqué lundi en état de "légitime défense" à des tirs des rebelles lors de la prise de contrôle par les Faca de l'aéroport de Birao.
 
Selon le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major, ces tirs ont éclaté lorsque "des éléments de renseignement" français se sont assurés que "la piste de l'aéroport était praticable" en vue de l'atterrissage d'un Transall français assurant le transport d'une unité des Faca, dans le cadre d'un appui logistique aux forces centrafricaines.
 
Une source proche de l'état-major des Faca avait indiqué lundi soir que Birao avait été reprise à l'issue de brefs combats, dont aucun bilan n'était jusqu'ici disponible. Elle avait précisé que l'armée avait été appuyée par des soldats français, notamment des membres des forces spéciales, sans préciser si ceux-ci avaient pris part directement aux combats.
 
La France avait renforcé à la mi-novembre d'une centaine d'hommes le détachement d'environ 200 soldats français de l'Opération Boali, déployés en Centrafrique depuis la prise de pouvoir du général François Bozizé en mars 2003.
 
Les éléments de l'Opération Boali sont notamment chargés de former les unités des Faca et d'assister le contingent de la Fomuc, la Force multinationale de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) présente en Centrafrique depuis 2002.
 
Paris apporte également une aide logistique et en matière de renseignement aérien aux Faca, peu formées, mal équipées et qui n'avaient opposé jusqu'ici qu'une faible résistance aux rebelles dans le nord-est du pays.

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