CENTRAFRIQUE - REBELLION : LES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES EN DIFFICULTE

23 Novembre 2006 , Rédigé par LE MONDE Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

 3 soldats tués par les rebelles la semaine dernière (soldats)
AFP 22.11.06 | 16h36




Les combats qui ont opposé le 16 novembre l'armée centrafricaine à des rebelles dans la localité de Mouka, à près de 700 km au nord-est de Bangui, ont fait 3 morts et des blessés dans les rangs de l'armée, a-t-on appris mercredi auprès de soldats centrafricains.

 

"Nous avons perdu trois compagnons lors de l'attaque de Mouka. Leurs corps ont été ramenés dans les quartiers sud de Bangui (...) il y a eu aussi des blessés et des disparus", ont raconté à l'AFP deux soldats des Forces armées centrafricaines (Faca) s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

"L'attaque de Mouka a été menée par des rebelles qui portaient les mêmes tenues (camouflées) et les mêmes bérets (rouges et grands) que ceux offerts à l'armée centrafricaine par le Soudan", ont-ils ajouté.

Après le coup d'Etat du général François Bozizé en mars 2003, le Soudan avait fait don à la Centrafrique d'équipements militaires et de véhicules 4x4. Il a depuis renouvelé son aide militaire à son voisin.

"Un groupe de cinq rebelles déguisés en militaires centrafricains a tenté de se rapprocher du poste avancé des Faca non loin de Mouka", ont poursuivi les militaires. "Il s'est mis de loin à dialoguer avec les soldats, qui les ont pris pour des compagnons d'armes. Avant d'avoir pu les identifier, trois éléments des Faca avaient déjà été fauchés par les rebelles", ont-ils ajouté.

L'incident de Mouka, situé à 80 km au nord-est de l'importante ville minière de Bria, avait été rapporté samedi par des sources militaires centrafricaines et française à Bangui.

Ces mêmes sources avaient précisé que les Faca avaient repoussé les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) sans aucune perte dans leurs rangs. Un porte-parole de l'UFDR avait pour sa part fait état de plusieurs morts parmi les soldats gouvernementaux.

Les rebelles de l'UFDR ont pris le 30 octobre la ville de Birao, dans l'extrême nord-est de la Centrafrique, près des frontières du tchad et du Soudan. Ils ont ensuite progressé vers le sud-ouest en s'emparant de la localité de Ouadda-Djallé et menacent à présent Bria.

Dans leur témoignage à l'AFP, les deux soldats centrafricains ont également signalé la présence dans les rangs des rebelles d'hommes qu'ils ont qualifiés de "Djandjawids", ces milices arabes qui combattent avec l'armée de Khartoum dans la province soudanaise du Darfour.

"Nous sommes convaincus que nous nous battons non seulement contre des éléments centrafricains, mais aussi des miliciens djandjawids", ont-ils indiqué, évoquant des "cris" poussés par les assaillants "avec des mots qui n'ont rien à voir avec le sango (la langue nationale centrafricaine)".

"Nous sommes persuadés qu'ils sont bien des Djandjawids", ont-ils insisté.

Le régime de Bangui a accusé le Soudan de soutenir l'UFDR, qui se présente comme une coalition hétéroclite d'ex-partisans déçus du président François Bozizé et de proches de son prédécesseur Ange-Félix Patassé.

Khartoum a catégoriquement démenti être lié à ces rebelles.

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