CENTRAFRIQUE - REBELLION : LA CEMAC PRÊTE A DEFENDRE BANGUI

19 Novembre 2006 , Rédigé par AFIQUE CENTRALE INFO Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

Le doigt sur la gachette
Après les renforts tchadiens et l’aide logistique et en renseignement française, Bangui va bénéficier du soutien accru des ses voisins d’Afrique centrale qui ont demandé à leur force multinationale déployée en Centrafrique d’intervenir face à la menace rebelle.
 
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) a "accédé à la demande des autorités centrafricaines de renforcer le dispositif de la Force multinationale en Centrafrique (Fomuc) et de lui demander d’intervenir dans la sécurisation des zones en conflit", a annoncé samedi le président gabonais Omar Bongo Ondimba dans une déclaration écrite.
 
Un diplomate gabonais a précisé que des moyens et du matériel supplémentaires seraient envoyés à la Fomuc, qui dispose déjà de 380 soldats gabonais, tchadiens et congolais. Il n’a pas été en mesure de dire si des renforts en hommes seraient dépêchés en Centrafrique.
 
"La force présente en Centrafrique va intervenir, et cette intervention est imminente", a précisé ce diplomate.
 
Selon lui, Libreville, soutien traditionnel du président centrafricain François Bozizé depuis son coup d’Etat de mars 2003, a pris "l’initiative" de cette intervention face au "risque d’embrasement" de la sous-région.
 
Il a rappelé qu’en plus de la Centrafrique, où les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) ont entamé le 30 octobre une percée dans le nord-est du pays, le Tchad était également menacé par des rébellions et des violences intercommunautaires, tandis que le processus électoral en République démocratique du Congo pourrait encore dérailler.
 
"Il est à craindre une déstabilisation non seulement de la Centrafrique et du Tchad, mais aussi de la sous-région", a d’ailleurs estimé le président Bongo dans sa déclaration.
 
Au nom d’un comité ad hoc de la Cémac sur la Centrafrique, le doyen des chefs d’Etat africains a "sollicité de la communauté internationale tout l’appui logistique et financier nécessaire à la stabilisation de cette région".
 
La Cémac réunit la Centrafrique, le Tchad, le Gabon, le Congo, le Cameroun et la Guinée équatoriale.
 
Sa force, la Fomuc, est déployée à Bangui mais aussi à Bozum, à 300 km au nord-ouest de la capitale, et à Bria, la ville minière du nord-est du pays menacée par l’avancée des rebelles de l’UFDR.
 
La rébellion a pris le 30 octobre la ville de Birao, dans l’extrême nord-est de la Centrafrique, et a depuis progressé vers le sud-ouest, en occupant notamment la localité de Ouadda-Djallé.
 
 
Les Forces armées centrafricaines (Faca), mal équipées et peu formées, ne lui ont pour l’heure opposé qu’une faible résistance.
 
Les rebelles ont été signalés jeudi soir à seulement 80 km de Bria, située à 600 km au nord-est de Bangui, lors d’un bref accrochage avec l’armée.
 
Le Tchad, dont le président Idriss Deby Itno est le principal parrain de son homologue centrafricain, a déjà annoncé jeudi l’envoi de renforts militaires en Centrafrique pour venir en aide aux Faca. Mais ces soldats, dont le nombre n’a pas été précisé, pourraient rester sous le commandement direct de N’Djamena.
 
Quant à la France, sollicitée par son ancienne colonie, elle apporte un soutien logistique et en renseignement, grâce notamment au survol par ses avions du territoire centrafricain. Cette aide a permis à des renforts des Faca d’être acheminés ces derniers jours à Bria, où la population s’attend à une contre-offensive de l’armée.
 
Bangui accuse le Soudan voisin de soutenir les rebelles, ce que Khartoum a démenti.

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