CENTRAFRIQUE - REBELLION : BANGUI CONFIRME LA PROGRESSION DES REBELLES

14 Novembre 2006 , Rédigé par LE MONDE Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

RCA: la présidence reconnaît la prise de deux localités par les rebelles
AFP 13.11.06 | 20h58




La présidence centrafricaine a reconnu lundi soir pour la première fois que les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) avaient "investi" deux nouvelles localités après avoir pris le 30 octobre la ville de Birao, dans le nord-est du pays.

 

"Nous avons reconnu que Ouadda Djallé avait été investie et que des assaillants avaient progressé vers Sam Ouandja, ville dans laquelle ils sont entrés hier (dimanche)", a déclaré le porte-parole de la présidence Cyriaque Gonda dans un entretien diffusé par la radio nationale.

Il a ajouté que "la population n'était pas présente" quand les rebelles sont entrés dans Sam Ouandja. Ils ont depuis quitté la localité, a-t-il assuré.

Malgré les démentis des autorités, les rebelles et des sources militaires centrafricaines avaient affirmé que l'UFDR s'était emparée vendredi de Ouadda Djallé, à 700 km au nord-est de Bangui, puis de la petite localité de Sam Ouandja, et qu'ils progressaient vers la ville minière de Bria, à environ 600 km de la capitale.

"La ville de Bria n'est pas sous menace", a assuré le porte-parole présidentiel lundi soir.

"En l'état actuel des choses (...) nous savons qu'ils (les rebelles) n'ont pas investi la ville d'Ouadda (entre Sam Ouandja et Bria), ni la ville de Bria, où nous venons d'être en contact avec les autorités qui vaquent librement à leurs occupations", a-t-il ajouté, demandant à la population "de rester sereine".

M. Gonda s'est par ailleurs réjoui de l'appui logistique et en renseignement annoncé lundi par la France.

"L'appui logistique que compte nous apporter la France est bienvenu, c'est une contribution de notre partenaire traditionnel aux efforts de consolidation de la paix dans notre pays", a-t-il estimé. "Nous ne pouvons que saluer cela", a-t-il ajouté, rappelant que les Forces armées centrafricaines (Faca) avaient "besoin du concours de la France".

Depuis la chute de Birao, Bangui demandait l'aide de la France et de la communauté internationale.

Les rebelles, que les autorités accusent d'être soutenus par le Soudan voisin malgré les démentis de Khartoum, affirment vouloir imposer au président François Bozizé un "dialogue", mais se disent prêts à aller jusqu'à Bangui s'il refusait.

Parlant "au nom du chef de l'Etat", son porte-parole a réitéré lundi soir que le dialogue devait "se faire dans la paix".

"On n'avait pas besoin de tout ça pour demander le dialogue", a déploré M. Gonda. "Nous restons ouverts au dialogue, mais pas à n'importe quel prix, pas au prix du sang des Centrafricains, pas au prix des attaques contre les Faca, de la destruction des biens".

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