CENTRAFRIQUE - REBELLION : APRES BIRAO , LA VILLE DE OUDDA DJALLé SERAIT AUX MAINS DES REBELLES

10 Novembre 2006 , Rédigé par JEUNE AFRIQUE L'INTELLIGENT Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS


 La rébellion s'empare d'une deuxième ville
2006-11-10 16:11:49 par IRIN

 
2006-11-10 16:11:49 par IRIN



Image de lBANGUI, le 10 novembre (IRIN) - Une deuxième ville de la République centrafricaine (RCA) vient de tomber aux mains de la coalition de groupes rebelles qui s'était emparée la semaine dernière de la ville de Birao (Nord), a annoncé vendredi le porte-parole de la rébellion. « La ville d'Ouadda-Djalle est tombée tôt ce matin », a déclaré Abakar Saboune, (...)

porte parole de la coalition de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement.

La rébellion s'est emparée de la ville après un « combat acharné » contre les forces gouvernementales, a-t-il précisé.

Pour Cyriaque Gonda, le porte-parole du Président François Bozize, la situation est encore confuse.

« Je ne peux pas confirmer pour l'instant que la ville d'Ouadda-Djalle est tombée aux mains des rebelles », a-t-il dit. « Tout ce que je peux dire, c'est que des rebelles ont été aperçus autour de cette ville ces derniers temps ».

Si elle était confirmée, la prise de la ville d'Ouadda-Djallé, située à 110 kms au sud de Birao, traduirait un renforcement des activités de la rébellion dans le nord du pays, puisque le 30 octobre dernier, les rebelles s'étaient déjà emparés de la ville de Birao.

Les rebelles avaient alors fait savoir qu'ils ne marcheraient pas sur Bangui, la capitale, et qu'ils étaient prêts à engager le dialogue avec le gouvernement. Le 1er novembre, le Président Bozize avait demandé l'aide de la France, l'ancienne puissance coloniale, pour déloger les rebelles, un appel qui pourrait expliquer cette nouvelle offensive de la rébellion.

« Nous n'avons d'autre solution que l'action militaire puisque le Général Bozize et son gouvernement sont opposés au dialogue, a déploré M. Saboune.

Le contrôle de la ville d'Ouadda-Djallé est un atout stratégique important, a commenté le porte-parole de la rébellion, puisqu'il facilitera l'acheminement de véhicules blindés.

« Nous attendons l'arrivée de matériels lourds à Ouadda-Djalle avant de lancer une nouvelle offensive sur Ndele et sur la ville minière de Bria », a-t-il ajouté.

La prise d'Ouadda-Djallé intervient 48 heures après que des milliers de Centrafricains aient manifesté dans les rues de Bangui pour demander à l'armée de chasser les rebelles.

Des autorités militaires ont affirmé cette semaine que des avions non identifiés ont effectué plusieurs rotations sur l'aéroport de Birao, après la prise de la ville. Ces avions auraient servi à transporter du matériel de guerre destiné à la rébellion et de l'avis d'un capitaine de l'armée, qui a requis l'anonymat, les rebelles ont reçu plusieurs véhicules blindés.

La prise de la ville d'Ouadda-Djallé illustre bien l'incapacité de l'armée nationale centrafricaine à contrôler la région nord du pays sans l'aide d'une force étrangère. Un diplomate, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat a déclaré :

« L'armée nationale n'est pas assez forte pour faire face aux problèmes de sécurité interne et externe. Sans une aide extérieure, elle ne peut rétablir la paix et l'ordre dans les villes tombées aux mains de la rébellion ».

Pour certains observateurs, Idriss Deby, le Président du Tchad voisin, confronté lui aussi à une rébellion, ne pourra vraisemblablement pas voler au secours de la RCA. M. Deby avait aidé le Général Bozize à s'emparer du pouvoir en mars 2003 en mettant des troupes tchadiennes à sa disposition.

Avec un effectif de quelque 4 500 hommes, l'armée centrafricaine a besoin d'être restructurée. La plupart des soldats trop sont vieux et l'indiscipline au sein de l'armée est notoire. En outre, l'enrôlement dans l'armée répond souvent à des critères ethniques ou régionaux, ce qui en fait une armée plus régionaliste que nationale.

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