CENTRAFRIQUE - REBELLION : LES AUTORITES NE "COMMUNIQUENT" PAS SUR BIRAO

4 Novembre 2006 , Rédigé par LE CONFIDENT Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

La presse centrafricaine et les évènements de Birao

Francois Bozize Dans un Etat normal, les journalistes auraient dû être les premiers à rendre compte des évènements de Birao à travers une information juste, recoupée et crédible. Or dans le cas de la République Centrafricaine, les journalistes sont les mal aimés'' du pouvoir en place et éprouvent du reste un mal fou à mener une enquête sur le terrain afin de mieux informer l'opinion publique et de lui permettre de faire son propre jugement sur tel ou tel événement.


La rétention de l'information sur des évènements aussi graves que ceux de Birao n'ont justement pas permis aux journalistes de la presse privée et publique de rendre compte efficacement de l'agression caractérisée de la ville de Birao aujourd'hui assiégée par une rébellion armée aux revendications pour l'instant floues.
Déjà, lors des événements dramatiques de Markounda, Kabo, Paoua, Tiringoulou et Gordil, la même presse a eu du mal à informer l'opinion publique attirant parfois sur elle la foudre des pouvoirs publics toujours prompts à l'accuser d'incitation à la violence, à la haine et à la guerre civile.


Le déficit de « communication politique » de la part des autorités politiques vient compliquer les données et mettre en difficulté les journalistes obligés, soit de broder autour des rumeurs, soit de s'accrocher à quelques sources jugées indépendantes comme les ONG ou les Églises.
Le ministre de la défense contrôlé totalement par le Président François Bozizé ministre de la défense et son fils Francis Bozizé Directeur de Cabinet du ministère est avare de communication alors que ce ministère dispose de crédits consistants pour une communication efficace.
On se souvient d'ailleurs de ce communiqué de presse du ministère de la défense incapable de rendre compte objectivement des évènements de Kaga-Bandoro et Ouandago et surtout de la violence physique subie par une jeune fille de 16 ans criblée de balles par un militaire ivre qui tentait manifestement de la violer sur la place publique.


Et d'ailleurs, des récents événements de Birao qui préoccupent tous les patriotes et tous les démocrates de Centrafrique et en particulier les professionnels des médiats centrafricains, on s'est rendu compte que même les autorités politiques ne maîtrisaient pas toutes les informations en provenance de la localité agressée et assiégée. De retour de son voyage écourté en chine populaire, le Général François Bozizé a même affirmé qu'il fallait un peu temps pour réunir toutes les informations sur ce qui se passe exactement à Birao. Quoi de normal que la presse ait du mal à faire son travail qui consiste d'abord à rendre compte objectivement des événements recoupés en permettant au peuple centrafricain et à l'opinion publique de former son propre jugement sur les faits.


Demander à la presse de condamner systématiquement et presque aveuglement l'agression de Birao, c'est lui demander de se substituer à la classe politiquement au nom de considérations elles-mêmes politiques. Une telle attitude relève d'un paradoxe ostentatoire surtout qu'il est reproché par ailleurs aux mêmes médias de ne traiter que des questions politiques.
Il faut laisser la presse centrafricaine jouir de la liberté de communication et de son indépendance confirmée par la constitution de la République et la Loi sur la liberté de la presse en République Centrafricaine qui dépénalise d'ailleurs les délits d'opinion au grand dam des prédateurs de la liberté de la presse de la République Centrafricaine.
Il est même souhaitable que les autorités politiques lèvent un pan de voile sur les vrais tenants et aboutissants des événements qui pourrait coûter cher à la paix et à la stabilité des institutions de la République.


Il va s'en dire que sans la paix et la liberté aucun organe de presse (public ou privé) ne peut valablement accomplir sa mission dans le sens d'une information et d'une communication totales. La presse ne peut que demander à la puissance publique de tout faire pour rétablir l'autorité de l'État à Birao et de demander également aux marchands d'illusions de cesser de jouer avec le feu.

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