CENTRAFRIQUE - REBELLION : LES REBELLES DEMENTENT TOUTES EXACTIONS ET ACCEPTENT LA PRESENCE DES ORGANISATIONS DES DROITS DE L'HOMME A BIRAO

3 Novembre 2006 , Rédigé par LE MONDE Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

Bangui accuse les rebelles de Birao d'"exactions" contre les civils
AFP 03.11.06 | 12h20




La présidence centrafricaine a accusé vendredi les rebelles qui contrôlent depuis lundi la ville de Birao, dans le nord-est de la Centrafrique, de se livrer à des "exactions" contre les civils.

 

"Depuis que Birao a été attaquée et envahie par des hommes armés, ceux-ci se livrent à des exactions contre la population", a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence Cyriaque Gonda.

"Le gouvernement centrafricain, par ma voix, exprime sa solidarité avec la population, et il entend oeuvrer avec elle pour une mobilisation de la communauté internationale, des pays amis, afin que Birao puisse retrouver sa quiétude", a-t-il ajouté.

Une alliance de rebelles centrafricains jusqu'alors peu ou pas connus, l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), a revendiqué la prise de Birao. Mais le gouvernement préfère parler d'"assaillants non identifiés" venus selon lui du Soudan, et le président centrafricain François Bozizé a accusé Khartoum d'armer ces hommes.

Le Soudan a démenti tout soutien à ces rebelles.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de l'UFDR a affirmé que la situation était toujours calme vendredi à Birao.

"Nous maîtrisons la situation", a assuré le capitaine Abakar Sabone, joint au téléphone.

"Aucun civil n'a été tué, personne n'a été maltraité. Nous acceptons qu'une équipe humanitaire ou d'une ONG de défense des droits de l'Homme vienne constater cela sur place", a-t-il ajouté.

Selon le capitaine Sabone, ancien membre des "libérateurs" qui ont accompagné le président Bozizé dans sa conquête du pouvoir par les armes en 2003, l'UFDR "n'a pas l'intention de renverser le régime par la force".

"Nous voulons obliger le pouvoir à accepter un dialogue sans exclusive, pour discuter des vrais problèmes du pays", a poursuivi le chef rebelle. "Nous ne contestons pas la légitimité du président Bozizé au pouvoir".

Réagissant aux déclarations du capitaine Sabone, le porte-parole de la présidence a rejeté cette demande de dialogue.

"On ne peut pas envahir une partie d'un pays, tuer des innocents, détruire des biens avant de demander le dialogue", a commenté Cyriaque Gonda.

La rareté des réactions officielles et des informations en provenance de Birao, dans une région à 800 km au nord-est de Bangui mal contrôlée par les autorités, était critiquée vendredi par la presse centrafricaine.

"Un communiqué n'est pas suffisant pour donner d'amples informations sur les événements et ne permet pas de dissiper la psychose qui gagne la population", note le quotidien indépendant Le Confident sous le titre "le silence troublant du pouvoir".

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