République Centrafricaine : Le Haut Mbomou asphixié par les rebelles de la LRA

21 Septembre 2009 , Rédigé par Le Confident Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

La préfecture du Haut-Mbomou avait certes connu par le passé les incursions des éléments de l’Armée Populaire de Libération du Soudan (SPLA) de M. John Garang.

Les exactions des forces d’occupation n’avaient pas atteint un degré aussi élevé de cruautés telles celles perpétrées actuellement par les rebelles Tongo-Tongo de l’Armée de Libération du Seigneur (LRA) de Joseph Koni. Les premières incursions des éléments de Joseph Koni avaient commencé en mars et mai 2008. Les autorités semblaient négliger la situation et n’y prêtaient pas beaucoup attention. A l’époque, nonobstant les pillages, les rackets, les rebelles ougandais procédaient aux enlèvements d’hommes, d’enfants et de jeunes femmes. Certains servaient de porteurs, d’autres incorporés de force dans la rébellion et les femmes étaient confinées au rôle d’esclaves sexuelles. La Communauté internationale avait déjà commencé à s’émouvoir et l’ambassadeur des Etats-Unis, M. Frédéric Cook, s’était même rendu à Obo avec une équipe d’humanitaires.

La fréquence des exactions dépasse tout entendement

Depuis que l’Armée de Résistance du Seigneur a été chassée de ses bases de la République Démocratique du Congo par une opération conjointe des Armées congolaise, ougandaise et soudanaise, les éléments de Joseph Koni ont reconstitué par la terreur leurs forces et se sont installés dans la préfecture du Haut-Mbomou. Ils ont tellement multiplie les exactions que l’Armée Ougandaise a été obligée de voler au secours des Forces Armées Centrafricaines pour combattre les rebelles de la LRA. Mais plus la pression monte, plus les rebelles ougandais brillent par les exactions. Il y a quelques jours, un Chef de village non loin d’Obo, qui avait osé opposer une résistance a été froidement assassiné par les rebelles ougandais. Les exactions, si elles ne sont pas quotidiennes, sont devenues tellement fréquentes qu’on croirait que la préfecture du Haut-Mbomou vit la chronique d’une asphyxie qui ne dit pas son nom. Les habitants des villages périphériques de la ville d’Obo, terrorisés, sont venus se réfugier au Chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou. Les déplacements sont limités et, faute de ravitaillement, la population risque de connaître des problèmes de malnutrition, sinon de faim.

Un génocide qui ne dit pas son nom

Les exactions dépassent tout entendement et rappellent, à peu de chose près, les exactions que les rebelles de Jean-Pierre Bemba commettaient sur les populations du nord de la capitale et des localités environnantes. Le récit des faits macabres des Tongo-Tongo se résume ainsi qu’il suit : Le 5 Août 2009 à Ngouli, village de la périphérie d’Obo, les rebelles de Joseph Koni ont encerclé le village. Ils ont rassemblé et enfermé les habitants dans une maison et y ont mis le feu en veillant scrupuleusement que personne n’en sorte. La maison et les villageois ont été réduits en cendre. Un tel spectacle se passe de commentaires et peut-être que demain, la Cour Pénale Internationale, après une enquête, y verra plus clair. Mais le 28 Juillet 2009, les rebelles ont fait leur entrée à Mabousson (Zémio), situé à 80 Km d’Obo vers 15 h. En présence des populations tétanisées, les rebelles de la LRA ont feint de ne pas être venus pour la guerre. Face à ce qui ressemblait à une bonne foi, les habitants de Manousson se sont organisés et, évidemment, sous le coup de la peur.

Revenus quelques jours après dans le même village de Mambousson, les Tongo Tongo n’ont pas oublié leurs instincts premiers et ont commencé à dépouiller les villageois et tous ceux qui osaient emprunter la voie de tous leurs biens. Les malfrats ont pillé et saccagé le poste de santé de Mamboussou, emportant tous les médicaments avant de quitter les lieux pour une autre destination.

Lors du dernier passage à Mamboussou, les rebelles ont réussi à soutirer de force aux villageois, dix sacs d’arachides et dix cuvettes de riz, puis ont obligé les villageois à leur décortiquer le riz. Les rebelles, en quittant les lieux, ont contraint des villageois à transporter leurs butins à 22 Km de Mamboussou dans la brousse, ce qui doit certainement être leur base arrière.

Des rebelles sans foi ni loi

Le 7 Septembre dernier, contraints par la faim, M. Jean Bahoulo et son épouse Anirafouyo ont quitté la ville d’Obo pour se rendre à leur champ, situé à 20 Km du Chef-Lieu de la Préfecture. Pour leur malheur, ces derniers sont tombés dans les griffes des Tongo-Tongo.

Les rebelles n’ont pas perdu leur temps. Ils ont tout simplement égorgé le couple et ont abandonné leurs corps sur la piste.

L’ancien maire de la ville d’Obo, M. Ali Saïdou, qui s’est rendu avec sa moto à MBoki située à 75 Km pour ses courses n’a pas été épargné par le mauvais sort. A son retour, il est tombé dans une embuscade des rebelles ougandais qui l’ont pris en otage et l’ont conduit à une destination inconnue laissant sa moto sur la chaussée. Les parents, très inquiets, s’interrogent sur son sort. Souvent tenaillés par la faim, les rebelles Tongo-Tongo ont récemment arraché aux peulhs de la région trente bœufs pour l’alimentation de leurs éléments. Avec un effectif pléthorique, les trente bœufs n’ont pas suffi à nourrir le contingent des rebelles. Les éléments de Joseph Koni, pour grossir leur rang, opèrent une véritable razzia. Après l’attaque des villages, non seulement ils recrutent des hommes valides, mais enrôlent de force des enfants de dix à dix ans qui, après quelques exercices sommaires, détiennent des armes. Dans le Haut-Mbomou les populations n’en peuvent plus et sont désabusés par le comportement des militaires qui ne portent plus de tenue, mais se mettent en civil pour se confondre à la population.

Les militaires avancent qu’ils sont sous-équipés alors que les rebelles disposent d’armes sophistiqués. Si rien n’est fait d’ici-là, le Haut-MBomou risque tout simplement d’être asphyxié et les populations prises en otage.


Mercredi 16 Septembre 2009 John Smith

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