République centrafricaine : Aide alimentaire de Première Urgence à plus de 7.000 personnes déplacées par les conflits

17 Septembre 2009 , Rédigé par Reliefweb Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

La commune de Loura, au nord ouest de la République Centrafricaine dans la sous-préfecture de Bocaranga, région de l'Ouham Pendé, est une zone qui a particulièrement été touchée par les conflits depuis 2006.

Les villages de cette commune ont tout d'abord connu les affrontements en 2006/2007 entre mouvement rebelles de l'APRD (Alliance pour la Restauration de la République et de la Démocratie) et les forces armées gouvernementales. Une accalmie était tout de même revenue, mais une série d'affrontements ponctuels ont eu lieu entre janvier et juin 2009 entre les forces de l'APRD et les milices d'autodéfenses villageoises.

Sur les 7.000 personnes vivant dans les villages situés dans cette zone, environ 400 se sont déplacées à Bocaranga, la ville, la plus proche, car ils pouvaient être accueillis dans leurs familles. Les autres ménages, quant à eux, sont partis se réfugier en brousse.

Depuis fin juin, un accord a été trouvé entre l'APRD et les groupes d'autodéfenses et semble être respecté jusqu'à ce jour. La majorité des personnes sont ainsi retournées dans leurs villages. Mais le retour est loin d'être évident pour ces familles.

Bien que la région soit traditionnellement une zone de production agricole importante, les conflits ont empêché les personnes de cultiver leurs champs et de stocker suffisamment de semences pour la campagne agricole 2009. La déstructuration de l'économie cotonnière depuis 2006 a réduit considérablement les sources de revenus. Enfin, les combats récents ont été accompagnés de pillages, laissant la population sans les biens les plus essentiels.

En août 2009, lorsque l'axe traversant cette zone a de nouveau été accessible, Première Urgence a organisé une distribution d'aide alimentaire, permettant à plus de 7.000 personnes anciennement déplacées de se nourrir pendant plusieurs mois, le temps de mettre en place des mécanismes de subsistance plus durables.

Première Urgence espère donc dans les prochains mois pouvoir développer des projets de relance agricole : renforcer les cultures vivrières, diversifier les autres cultures (maraîchage, riziculture) et introduire des activités génératrices de revenus (aucun matériel de transformation hormis le pilon n'est présent dans les villages).

Intervenir dans l'urgence est important, mais il est essentiel d'enclencher rapidement le processus pour redonner du potentiel et de l'autonomie aux populations et contribuer à la reconstruction de cette zone traumatisée.

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