Centrafrique : Le siège du Rassemblement Démocratique Centrafricain ménacé de terrorisme

21 Août 2009 , Rédigé par Le Confident.net Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

Le siège du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), situé au quartier Saïdou, non loin de la place des Nations Unies, permet à ses militants de se concentrer.
Mais depuis la mise en place de l’Union des forces vives de la nation (UFVN), le bâtiment sert de siège provisoire au regroupement. Les meetings de l’UFVN, s’ils ne se tiennent pas au siège du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) à Ben-Zvi, ont souvent lieu au siège du RDC. Ce siège, qui avait fait l’objet de destruction et de sabotage après les événements du 28 mai 2001, a tenté quelques rénovations qui lui ont permis d’avoir une toiture. Mais les ouvertures sont restées en l’état, faute de moyens nécessaires pour achever la réfection.

Le RDC dans le collimateur d’individus ombrageux
Malgré quelques turpitudes par le passé, où les gardiens du siège du RDC étaient sous la menace d’individus en tenue, non identifiés, le RDC semblait connaître un répit. Mais depuis la fin du Dialogue politique inclusif (DPI) et la prise de position énergique de l’UFVN et du RDC par rapport à la mise en place d’un gouvernement de consensus, le siège du mouvement du général André Kolingba semble être dans le collimateur des certains individus qui confondent démocratie et violence, intimidation et menace de mort. Depuis la mise en place d’un directoire pour conduire le RDC à un congrès, ces menaces ont pris un ascenseur rapide. C’est ainsi que ces dernières semaines, chaque fois que les membres du directoire national finissent de travailler et quittent les lieux, un véhicule Hummer de couleur sombre vient à une heure tardive s’arrêter devant le siège du RDC. Un homme descend du véhicule et vient faire le tour du siège avant de regagner la Hummer qui l’attend.

Un individu suspect portant un carton

Le dimanche 26 juillet2009, vers 2 heures 30, alors qu’il y avait une pluie fine, le même véhicule est venu s’arrêter. Quelqu’un non identifié en est descendu. Il portait en main un carton et s’avançait vers le rez-de-chaussée du siège du RDC, dans l’intention de faire son entrée dans la salle de réunion. C’est à cet instant que le gardien de nuit, qui s’était posté derrière la porte, voyant le véhicule s’arrêter, interpella l’individu qui s’arrêta et fit un demi-tour. Mais entre-temps, le véhicule Hummer de couleur sombre, qui avait déposé l’individu porteur du carton, était allé vers la place des Nations Unies. Dès que l’individu suspect a traversé le pont qui sépare le siège du RDC de l’avenue Conjugo, le véhicule est venu s’arrêter. A bord, l’individu suspect et certainement le conducteur ont mis près de trente minutes à s’entretenir, puis le véhicule a opéré un démarrage à toute vitesse. Mais bien avant que l’individu suspect ne quitte le siège du RDC, sans prononcer un seul mot, il s’est mis à procéder à des menaces en brandissant son index droit. Après cet incident pour le moins insolite, des personnes jamais connues par les voisins et les vendeurs au bord de la route, ont commencé à se renseigner sur l’identité du gardien, son nom et sur son domicile. Ceux qui étaient apostrophés pour ces renseignements trouvaient cette situation quelque peu curieuse.

Injures grossières et menaces de mort

Mais le plus grave allait se produire le mardi 11 août 2009. Il était 2 heures 30 quand le même véhicule Hummer de couleur sombre, venant du monument des Martyrs et allant vers la place des Nations Unies sur l’avenue Conjugo, s’est arrêté de l’autre côté de la chaussée, juste en face du siège du RDC. Un homme y est descendu et avançait vers le pont qui sépare le siège de l’avenue Conjugo. Après avoir franchi le pont, l’homme descendu du véhicule s’est arrêté dans la concession et a constaté qu’il n’y avait personne. Le gardien, souvent menacé, a préféré cette nuit du 11 août se tapir au balcon de l’étage du bâtiment. L’homme descendu du véhicule, tenant une arme à la main, a commencé à déverser des injures tout aussi menaçantes que grossières les unes que les autres. L’homme, qui utilisait la première personne du pluriel dans ses propos, a déclaré qu’ils vont trancher le cou du gardien pour que son parti et son père le pleurent. L’homme, poursuivant ses menaces, propose en vociférant cinq millions au gardien (qu’il ne voit pas), et lui demande de quitter son travail et de libérer le siège du RDC. La scène a duré plus d’une vingtaine de minutes et puisqu’il n’y avait pas signe de vie, l’homme a fini par regagner le véhicule qui a quitté les lieux en trombe en direction de la place des Nations Unies et a disparu dans la nuit. Les membres du directoire du RDC, alertés de la situation, se sont réunis le 13 août 2009 afin de préparer une lettre de protestation à adresser au gouvernement. L’UFVN sera également saisie de la question pour l’harmonisation des positions de l’opposition démocratique face à un phénomène qui, s’il n’est pas combattu, risque de prendre de l’ampleur et altérer la vie démocratique dans notre pays.
Jeudi 20 Août 2009
Source :
http://www.leconfident.net

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