EMMANUEL OLIVIER GABIRAULT,CANDIDAT À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE CENTRAFRIQUE PRESENTE SON PROGRAMME EN 12 SOLUTIONS FONDAMENTALES POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT DU PAYS DANS UNE INTERVIEW ACCORDÉE À JUVENAL KOSSIANGA

11 Décembre 2015 , Rédigé par OLIVIER GABIRAULT - JUVENAL KOSSIANGA Publié dans #INTERVIEWS, #OLIVIER-GABIRAULT, #MON PROJET POUR LA RCA, #CANDIDAT GABIRAULT E

EMMANUEL OLIVIER GABIRAULT,CANDIDAT À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE CENTRAFRIQUE  PRESENTE SON PROGRAMME EN 12 SOLUTIONS FONDAMENTALES POUR LA RECONSTRUCTION ET LE DEVELOPPEMENT DU PAYS DANS UNE INTERVIEW ACCORDÉE À JUVENAL KOSSIANGA

1- JK: Monsieur GABIRAULT, quel est votre regard aujourd'hui sur la Centrafrique?

EOG: La situation actuelle de la République Centrafricaine ne me surprend pas. A partir de mes analyses écrites publiées en 2008 dans la presse centrafricaine sur les dirigeants centrafricains depuis l'indépendance, les partis politiques, les cadres centrafricains, les jeunes, les fonctionnaires et agents de l'Etat, les opérateurs économiques, la population, l'Eglises, les forces de défense et de sécurité, bref l'ensemble de la société centrafricaine, cette situation était déjà prévisible.

En effet, j'avais très fermement attiré l'attention sur les ingrédients que représentait déjà le comportement de chaque composante de notre société avec les conséquences actuelles(Voir document intégral).

2-JK: La déclaration de votre candidature à la prochaine élection présidentielle en Centrafrique est une suite logique au vu de votre parcours, de votre expérience en tant que grand homme d'Etat et de la profonde connaissance des problèmes que rencontre le pays, mais elle a sonné tout de même comme une surprise pour certains de nos compatriotes qui se posent encore la question sur la nécessité d'une telle entreprise?

EOG: La déclaration de ma candidature surprend certes parce qu'elle intervient certainement longtemps après celles des autres concurrents.

En affirmant vous-même qu'elle est une suite logique au regard de mon parcours, de mon expérience et connaissance des problèmes de notre pays, vous répondez largement à la question. C'est en effet pour ces raisons qu'il serait une grave faute de ma part de ne pas me présenter pour mettre l'ensemble de ces expériences et connaissances au service du pays, surtout à un moment aussi crucial de son histoire.

Je me présente donc par devoir patriotique.

3-JK : Après lecture de votre projet politique détaillé pour la Centrafrique, on se rend compte qu'on est face à un homme déterminé et mûrement préparé, pouvez-vous nous résumer "les douze solutions fondamentales pour reconstruire la République Centrafricaine"?

EOG:La situation que connaît actuellement la République Centrafricaine n'est pas une fatalité et peut être redressée en peu de temps pour remettre le pays sur le rail de la reconstruction et du développement, à travers douze solutions fondamentales qui commencent par:

I- L'ETAT ET LES INSTITUTIONS NATIONALES

La première grande attention sera portée à la fois sur l'Etat comme véritable colonne vertébrale de la nation et sur les institutions dont le mauvais fonctionnement engendre souvent les crises à répétition en Centrafrique.

Tout d'abord le caractère laïc, l'égalité de tous en droits et devoirs seront fermement réaffirmés, comme gage de la cohésion dans le contexte actuel face à la nation, quelle que soit l'appartenance religieuse, régionale, tribale, politique et à l'égard des différentes minorités du pays.

Dans ce cadre, le Président de la République et le Chef du Gouvernement ne seront pas de la même région ou de la même ethnie et la composition du gouvernement tiendra compte des critères géopolitiques nationaux, de compétence , de qualités morales nécessaires, sans considération d'appartenance religieuse ou politique.

Les nominations à la tête des principales institutions nationales , dans les hautes fonctions de l'administration, de la justice, de la diplomatie seront déterminées sur la base de la recherche de l'efficacité alliant l'équilibre géopolitique, la cohésion sociale, le rajeunissement des cadres, gages de l'unité et d'une paix durables.

a)-HAUTE AUTORITÉ DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET LE DÉTOURNEMENT DES BIENS PUBLICS.

Elle s'attaquera à la corruption du système économique et financier, aux détournements de biens publics, s'atelera à la recherche des biens détournés et déposés à l'extérieur pour être gélés, confisqués au profit du pays, en coopération avec les autres Etats.

J'stime en ce qui concerne lesdétournements des biens publics que des mesures sévères, dissusives, allant jusqu'à la déclaration d'indignité nationale doievent frapper ceux qui n'utilisent la politique que pour s'enrichir au détriment de la population qui ploie constamment sous le poids de la misère.

b)-HAUTE AUTORITÉ DE LUTTE CONTRE L'EXCLUSION ET LE SECTARISME

Elle s'attaquera aux différents maux qui sont à l'origine des frustrations, ensuite des crises, notamment l'exclusion sur des bases tribales, religieuses, régionales, politiques, sectaires, le déséquilibre géopolitique dans l'organisation du pouvoir, le déséquilibre socioéconomique dans les choix injustifiés des zones d'investissement, le recrutement monoethnique dans les forces de défense et de sécurité, la tribalisation de l'administration etc.

c) CADRE DE CONCERTATION ENTRE POUVOIRS PUBLICS, MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE, OPPOSITION POLITIQUE ET SOCIÉTÉ CIVILE

Tout en me réjouissant de l'insertion de cette proposition dans le projet de constitution en cours, il convient de préciser qu'un cadre de concertation regroupant le pouvoir, la majorité présidentielle, l'opposition démocratique, la plate-forme rligieuse, la société civile. Cette concertation aura pour but d'émettre des avis sur les grandes questions d'intérêt national, de manière à assurer une sérénité constante dans le pays.

d) ENGAGEMENT SOLENNEL DES DIRIGEANTS DANS UN CODE DE BONNE CONDUITE

Le véritable et profond problème de notre pays est sa mentalité. Il doit être combattu à travers un exemple qui doit venir des plus hautes autorités du pays afin d'impulser un changement de comportement de manière à refonder le pays sur des valeurs citoyennes qui non seulement manquent cruellement au pays, mais sources de crises à répétition dont celle actuelle.

Pour cela, toutes les hautes autorités du pays, en commençant par le président de la République lui-même et les membres du Gouvernement, s'engageront solennellement devant la Nation à travers un code de bonne conduite, à exercer leurs fonctions dans un esprit de sacrifice personnel, d'honnêteté, de transparence dans la gestion, d'équité, de sens de l'Etat, de dignité, de travail bien fait, de la recherche constante de l'ecellence, le tout avec le défi de reconstruire et développer le pays.

J'estime qu'il n'y a que de cette manière que nous pourrons reconstruire notre dignité perdue, notre pays et notre place dans le concert des nations.

II- DÉMOCRATIE – ASSAINISSEMENT DE LA VIE PUBLIQUE – DROIT DE L'HOMME

Dans la conduite de la vie de la nation, le caractère démocratique de l'Etat Centrafricain sera réaffirmé de manière claire, comme gage du respect de la volonté du grand nombre et de la paix sociale. Pour cela, des mesures seront prises, afin que l'exercice de la démocratie serve réellement l'intérêt de la nation sans être un péril pour son unité et sa cohésion. Des propositions seront faites à l'approbation du Parlement portant sur :

A – DÉMOCRATIE

  1. 1) RÉDUCTION DU NOMBRE DES PARTIS POLITIQUES

La multitude des partis politiques contribuent à l'émiettement de la Nation, à la division pour des ambitions purement personnelles. Pour cela, des critères objectifs de représentativité sur une grande partie du territoire nationale et à l'Assemblée Nationale seront proposés pour en réduire le nombre afin de consolider la cohésion sociale qui a volé en éclats avec la crise actuelle.

  1. 2) UTILISATION DE CADRE SANS DISTINCTION DE LEUR APPARTENANCE POLITIQUE OU RELIGIEUSE

La tendance consistant comme dans les pays de vieilles démocraties à n'utiliser presque exclusivement que les cadres du parti ayant gagné les élections, ne correspond pas au contexte de la République Centrafricaine où l'Etat est le principal employeur et où le secteur privé n'est pas développé.

Cette pratique exclut non seulement indirectement des cadres compétents du seul fait qu'ils ne sont pas membres du Parti au pouvoir, mais constitue une source de démotivation, d'éffritement, de disparition de l'esprit républicain, de haine, de fissure de la cohésion sociale et surtout de l'émigration massive de ceux-ci.

Je vis dans un pays où beaucoup de cadres formés ne sont pas rentrés du fait de cette politique répulsive, mais où, même ceux qui étaient déjà rentrés reviennent, alors que c'est le contraire qui devrait être observé.

  1. 3) REDÉFINITION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE.

Tout en tenant compte du rôle déterminant et très actif joué par la sciété civile, notamment la plateforme religieuse dans le cadre de la désastreuse crise centrafricaine, celle-ci sera réorganisée, consolidée, de manière à constituer un important garde-fou au sein de la Nation.

La Société Civile sera définie très clairement par une charte de manière à être strictement neutre vis-à-vis du Pouvoir et des Partis Politiques, afin de faire éventuellement la médiation en cas de conflit opposant les deux.

B – ASSAINISSEMENT DE LA VIE POLITIQUE ET CAMPAGNE D'ENVERGURE SUR LE CIVISME

  1. 1) ASSAINISSEMENT DE LA VIE PUBLIQUE

La moralisation de la vie publique est fondamentale si nous voulons sortir de la jungle, de l'abîme actuelle. Elle fera l'objet des mesures de :

  • Lutte contre l'impunité,
  • Lutte contre la corruption, la fraude et le détournement,
  • Lutte contre le trafic d'influence des personnalités politiques, judiciares et militaires;
  • Lutte contre la politisation et l'instrumentalisation des forces de défence et de sécurité;
  • Lutte contre l a culture de l'illégalité,
  • Lutte contre l'affairisme des dirigeants politiques par personnes interposées faisant usage du trafic d'influence et de la fraude;
  • Lutte contre la transhumance et le vagabondage politique, source de crise;
  • Dépolitisation de l'Administration, des Forces de Défense et de Sécurité;
  • Déclaration des biens des Personnalités Politiques et des hauts responsables civiles et militaires avant et après leurs prise de fonction;

a) CONSTRUCTION DE RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX STRUCTURES ET LUTTE CONTRE LA PRATIQUE DE FICHES MENSONGÈRES

Dans le cadre de l’assainissement de la vie publique et surtout des mauvaises pratiques ayant entrainé de graves conséquences sur la cohésion sociale, une lutte sera menée contre les fiches de délations afin d’éviter dans une période aussi cruciale et très sensible, d’induire dangereusement les pouvoirs publics en erreur.

Toujours dans ce cadre, une structure spécifique sera mise en place afin de travailler non seulement de manière efficace, responsable et objective, mais avec l’appui de la coopération internationale de manière à rendre les Bulletins de Renseignements Quotidiens (BRQ) le plus exacts possibles.

Il s’agira de construire des Renseignements Généraux structurés, à l’abri des convoitises, avec des hommes connaissant les dessous de la vie politique centrafricaine, en coopération avec les Renseignements Généraux des démocraties pour les échanges d’informations.

2- CAMPAGNE D’ENVERGURE SUR LE CIVISME, LA CITOYENNETÉ ET LA CIVILITÉ

L’une des causes, sinon la principale du grand retard et de l’enlisement de la République Centrafricaine est l’absence cruelle de civisme à tous les niveaux, se traduisant quotidiennement par des comportements pervers au niveau des dirigeants politiques et militaires, des fonctionnaires et de la population.

Les Centrafricains ont eu à reconnaître et à se se plaindre régulièrement de leur mauvaise mentalité depuis la rue jusqu'au sommet de l'Etat, ceci pendant des décennies sans que des mesures même progressives aient été envisagées pour y faire face.

Aujourd'hui, beaucoup ignorent ou ne se rappellent même plus que leurs propres comportements ont préparé indirectement pendant des des décennies le déclanchement des crises récurrentes dont la plus désastreuse est en cours.

Cette situation sera combattue vigoureusement et progressivement à divers niveaux, avec le concours de tout le monde afin de permettre au pays de sortir de son enlisement à travers :

- L'éducation de la population au civisme, à la citoyenneté, à la civilité pour forger de bons citoyens aimant leur pays et servant la patrie ;

-Une campagne d’envergure sur l’esprit de patriotisme et de la culture de la paix;

- Une campagne d’envergure de sensibilisation sur la notion de travail;

-La promotion des droits de l’homme etc.

3- FORMATION OBLIGATOIRE DES MILITANTS DES PARTIS POLITIQUES AU CIVISME, À LA CITOYENNETÉ, À LA CIVILITÉ

Afin de consolider et préserver la cohésion sociale, les partis politiques et les autres associations seront soumis à des obligations strictes de formation de leurs militants ou membres aux valeurs de civisme, de citoyenneté, de civilité.

Cette formation permettra par ricochet, celle de l’ensemble de la population afin de favoriser progressivement la culture du sens de l’Etat et de l’alternance politique apaisée dans le pays.

4- CODE DE BONNE CONDUITE DES DIRIGEANTS POLITIQUES

Les dirigeants des partis politiques et des autres associations auront l’obligation de:

-s’abstenir de toute déclaration de haine politique;

-s’abstenir de toute attitude ou de comportements contraires à la cohésion ou à l’unité nationale;

-éduquer les militants de leurs partis ou les membres de leurs associations à toute alternance politique en tenant compte de l’intérêt supérieur de la nation;

-faire entretenir des rapports fraternels entre militants des partis ou membres des associations tant au pouvoir que dans l’opposition;

-faire adopter aux militants des partis tant au pouvoir que dans l'opposition, des attitudes et comportements compatibles avec la cohésion nationale, à l’intérêt supérieur de la nation;

est très exactement le produit des conséquences cumulatives de la désagréable mentalité centrafricaine depuis des décennies. Les Centrafricains ont eu à reconnaître et à se se plaindre régulièrement de leur mauvaise mentalité de la rue jusqu'au sommet de l'Etat depuis des décennies sans

Les Centrafricains ignorent ou ne se rappellesnt même plus que leurs propres comportements ont préparé au fur des des décennies le déclanchement de ce qu'ils

C-APAISEMENT DU CLIMAT SOCIOPOLITIQUE – RÉCONCILIATION – RÉTABLISSEMENT DE LA COHÉSION NATIONALE

1-RÉCONCILIATION ET COHÉSION NATIONALES

Dans le cadre de la très grave crise que le pays a traversée, la recherche de la réconciliation et de la cohésion nationales sera l'une des grandes priorités comme base nécessaire de la paix, de l’unité, de la coexistence harmonieuse des différentes communautés en vue du redémarrage du pays, la République Centrafricaine ne pouvant vivre en se repliant sur une partie de ses composantes.

La réconciliation et la cohésion nationales, de même que la coexistence pacifique des communautés chrétienne et musulmane seront recherchées activement et rapidement par divers moyens, notamment :

-La création d'une Commission Nationale Unité et Réconciliation ayant pour objectifs :

-La recherche d'aides pour l'indmnisation des victimes des crises afin de leur permettre de reconstruire leurs vies ;

-La réalisation d'un travail d'analyse et d'archives des causes des hostilités ;

-La réalisation d'actions de pédagogie et d'explication dans des manuels scolaires ;

-La-promotion de la cohabitation et de la coexistence pacifique etc.

3-LA VOIE JUDICIAIRE À LA PLACE DE LA CHASSE AUX SORCIERES, À LA VENGEANCE OU REGLEMENT DE COMPTES.

Il est fondamental que les criminels, leurs coauteurs, les instigateurs de la haine inter religieuse pour des motifs politiques ayant occasionné le chaos généralisé du pays soient jugés de manière à éviter de confondre tout un peuple aux auteurs d’actes abominables commis parfois à visage découvert sur les chaînes de télévision du monde entier.

4- LA LUTTE CONTRE LA VENDETTA

Elle se fera à travers des dispositions à prendre sans tarder pour prévenir une immense et inexpiable vendetta collective, notamment un programme d’actions d’envergure d’apaisement, d’éducation de la population au civisme pour dépolluer les esprits grâce à des symboles communs, pour assurer la cohésion nationale, la réconciliation nationale, le retour à une vie harmonieuse entre chrétiens et musulmans comme dans le passé ;

5-RECHERCHE DE SOLUTIONS AU PRÉOCCUPANT PROBLÈME DE LA JEUNESSE

Dans la situation actuelle, les jeunes ont été utilisés toujours et comme toujours comme le fer de lance de la violence, au point où des enfants de 15 ans ou même moins, ont du sang sur les mains, certains ayant dans les yeux le meurtre horrible de leurs parents, de leurs frères et sœurs, le viol de leurs mères, d’autres sont surtout à naître, fruit du viol.

Pour cela des perspectives d'une dynamique de projets seront mises en place afin de les empêcher de succomber aux sirènes de la haine.

Un accent particulier sera également mis sur la réforme du système éducatif dont l’échec est patent, afin de construire un nouveau pays avec la jeunesse.

4- L'IMPLICATION NÉCESSAIRE DES RELIGIEUX DANS LE PROCESSUS

Le rôle fondamental joué par la plateforme des religieux au cours de la crise et de la société civile d’une manière générale dans le processus de réconciliation et de la médiation sera appuyé et à consolidé;

5-IMPLICATION DES MÉDIAS PAR LA DÉPOLLUTION DES ESPRITS

- Les médias auront un rôle majeur à jouer, surtout comme vecteur de la paix pour dépolluer les esprits en faveur de la tolérance, de la réconciliation.

7- LA RÉAFFIRMATION DU CARACTÈRE LAÏC DE L'ETAT CENTRAFRICAIN

7-1 Bien que majoritairement chrétienne, la République Centrafricaine forme un tout, étant de surcroît laïque.

7-2 Une campagne de grande envergure sera entreprise pour effacer dans l’esprit de la population les manœuvres de division entre communautés chrétienne et musulmane afin de rétablir la coexistence pacifique habituelle entre elles.

8-LA RÉAFFIRMATION DE L'ÉGALITE DE TOUS EN DROITS EN DROITS ET DEVOIRS

Ce principe qui est un gage de cohésion sera réaffirmé très fermement dans le contexte actuel face à la nation, quelle que soit l’appartenance religieuse, régionale, tribale ou politique.

9 LA RECHERCHE DE SOLUTIONS AU PRÉOCCUPANT PROBLEME DE LA JEUNESSE

9-1 Dans la situation actuelle, les jeunes ont été utilisés toujours et toujours comme le fer de lance de la violence, au point où des enfants de 15 ans ou même moins, majoritairement incultes, pour qui tuer ne représente rien, ont du sang sur les mains.

9-2 Certains ont dans les yeux le meurtre horrible de leurs parents, de leurs frères, le viol de leurs mères, de leurs sœurs, d’autres sont surtout à naître, fruit de ce viol.

9-3 Ces problèmes préoccupants feront l’objet d’une attention toute particulière à travers la prise en charge des enfants soldats par des ONG spécialisées et leur reconversion dans une dynamique de projets à mettre en place afin de les empêcher de succomber aux sirènes de la haine.

9-4 Des activités productrices de ressources durables à petite échelle ou même semi-industrielles ne nécessitant pas de sources d'énergie coûteuses seront créées en leur faveur de manière à les détourner définitivement des actions nocives ayant alimenté la crise en cours.

9-5 Parallèlement à ce qui précède, un accent particulier sera mis sur la réforme du système éducatif dont l’échec est patent, afin de construire un nouveau pays avec la jeunesse.

10- L’IMPLICATION NÉCESSAIRE DES RELIGIEUX DANS L'ACTION DE RÉCONCILIATION ET D’ÉDUCATION POUR LA PRÉSERVATION DE LA PAIX

Le rôle fondamental des religieux au cours de la crise sera consolidé, appuyé dans le processus de réconciliation, de la médiation. Ce rôle se situera également en amont à travers l’éducation au civisme, à la citoyenneté, à la civilité, valeurs indispensables pour préserver la paix et forger les croyants dont le statut est d’ailleurs double devant Dieu.

11- L’IMPLICATION DES MÉDIAS PAR LA DEPOLLUTION DES ESPRITS

Les médias auront un rôle majeur à jouer, surtout comme vecteur de la paix pour dépolluer les esprits en faveur de la tolérance, de la réconciliation.

12-LA RÉAFFIRMATION DE L'ÉGALITÉ DE TOUS EN DROITS ET DEVOIRS

Ce principe qui est un gage de cohésion sera réaffirmé très fermement dans le contexte actuel face à la nation, quelle que soit l’appartenance religieuse, régionale, tribale ou politique.

III-DÉFENSE NATIONALE ET SÉCURITE, JUSTICE ET APAISEMENT DU CLIMAT SOCIOPOLITIQUE

A- DÉFENSE NATIONALE ET SÉCURITE

1-La République Centrafricaine a subi au cours de ces dernières décennies des menaces extérieures constituées par des rébellions en provenance de l’Etranger (Ouganda, Tchad, Soudan) ainsi que les effets néfastes de la circulation d’armes de guerre à la suite des crises armées des pays voisins parmi lesquels la RDC. Cette circulation d'armes a alimenté des rébellions intérieures qui ont eu des incidences néfastes sur la vie nationale.

1-1 Sa politique de défense et de sécurité prendra essentiellement en compte le fait qu’elle possède d'énormes richesses convoitées surtout par des hommes en armes venant de toutes parts et un territoire vaste avec des frontières à protéger efficacement.

1-2 Elle ne peut par ailleurs inspirer respect de la part de ses voisins et surtout confiance pour leur propre sécurité qu’en donnant la garantie de protéger elle-même ses frontières.

1-3 Pour cela, sa politique de défense et de sécurité mettra un accent particulier sur ces principaux aspects, à travers les mesures suivantes, applicables à court, moyen et long termes.

a) Rétablissement rapide de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national par la formation, la dotation des Forces de Défense et de Sécurité en moyens matériels et logistiques avec l’aide des pays amis en vue d’augmenter leur capacité opérationnelle ;

b) Création d’un Fonds Spécial pour l’équipement des Forces de Défense et de Sécurité, alimenté par des recettes affectées et des aides internationales ;

c) Application rigoureuse du principe d’impartialité dans les recrutements, la formation et les avancements au sein des FACA et des autres forces de sécurité ;

d) Enquête de moralité systématique avant tout recrutement dans les Forces de Défense et de Sécurité;

e) Rétablissement du service militaire obligatoire à la fois pour permettre aux Centrafricains d'être formés militairement, civiquement, mais pour participer à la défense de la patrie en cas de besoin.

e) Mise en place d’organes de contrôle et de discipline à tous les niveaux de la hiérarchie (FACA et forces de sécurité).

f) Restructuration des forces de défense et de sécurité sur la base des exigences de rajeunissement et de redynamisation ;

g) Recrutement sur la base de la représentation nationale à travers chaque préfecture ;

h)Lutte contre la politisation et l’instrumentalisation de l’Armée ;

j) Ouverture et réouverture des Écoles ou Centres de formation militaires, de gendarmerie et de police ;

k) Poursuite de la politique du Programme de Désarmement, Démobilisation, Reconversion sur des bases plus saines en tenant compte du contexte ;

l)Gestion rigoureuse et honnête des salaires et PGA (Primes Générales d’Alimentation)

. m)Amélioration des conditions de travail et de vie des agents des Forces de Défense et de Sécurité sous toutes les formes ;

n)Reconversion programmée des militaires, gendarmes, policiers retraités en opérateurs économiques, notamment agriculteurs, éleveurs, pêcheurs modernes, artisans miniers etc. grâce à un budget spécifique d’investissement dans ces divers secteurs, mais aux différentes frontières du pays.

o)L’objectif de cette reconversion sera triple : assurer des ressources durables aux intéressés après leur mise à la retraite, éviter la tentation aux braquages, donc à l’insécurité et servir de renfort immédiat en cas d’appel éventuel dans le cadre de la protection des frontières.

B- DÉSARMEMENT, DÉMOBILISATION, RÉINSERTION RAPATRIEMENT (DDRR)

1-Une attention particulière sera portée sur l’opération désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement, primordiale pour accompagner le retour de la paix dans le pays.

1-2 La démobilisation et surtout l’identification des personnes concernées par cette opération se feront selon des dispositions très strictes pour éviter des abus susceptibles d’en compliquer la réalisation et de créer de nouvelles tensions.

1-3 Elle sera dans la mesure du possible, confiée à une ONG internationale ou réalisée par les services de l’ONU en Centrafrique.

1-4 L’opération consistera à:

1-5 Identifier, répertorier tous les éléments de la SELEKA et des ANTIBALAKA (photos et empreintes (données à sauvegarder dans des logiciels de la police, de la gendarmerie centrafricaine et des partenaires impliqués dans la démobilisation);

1-6 Mettre en place des dispositions rigoureuses de surveillance des différentes frontières pour éviter non seulement l’afflux d’étrangers venant notamment du Soudan, du Tchad pour gonfler la liste des personnes à démobiliser, mais également pour le retour de celles rapatriées du pays ;

1-7 Raccompagner les éléments de la SELEKA dans leurs pays ou localités d’origine, ceci en collaboration avec le Tchad et le Soudan pour ceux qui en sont ressortissants ;

1-8 Mettre en place un projet personnalisé et individualisé pour chaque élément de la SELEKA de nationalité centrafricaine ainsi que des éléments d’autres milices d’auto-défense armées, notamment les ANTIBALAKA (diagnostic, parcours de vie, projet professionnel, évaluation).

1-9 De la même manière que pour les militaires, gendarmes, policiers retraités, la démobilisation sera encadrée de manière à éviter que les miliciens une fois désarmés et reconvertis, ne deviennent pas un autre problème à régler en ce qui concerne l’insécurité.

C- JUSTICE ET GARANTIE D’UNE PAIX DURABLE

JUSTICE

1- La justice sera un outil primordial du retour et de la garantie d’une paix durable à travers une réelle réconciliation.

Sa grande priorité sera de mettre très fermement fin à l’impunité, l’un des principaux facteurs du désordre et de la perte de l’autorité de l’Etat en Centrafrique.

2-Un accent particulier sera mis sur les principaux maux qui la minent pour être recensés et combattus vigoureusement afin qu’elle soit réellement et efficacement au service du peuple.

3-Son indépendance sera garantie et elle aura un grand rôle d'éducation populaire dans le cadre de la crise que le pays a subie.

4-La justice aura pour cela à garantir l’application stricte, objective de la loi et l’exécution des verdicts.

5-En raison du nombre très élevé des auteurs de crimes à poursuivre et des charges financières liées aux enquêtes ainsi que des procès à l’extérieur, un tribunal mixte ou international a été mis en place en Centrafrique, ce qui correspond à la proposition faite dans mon programme.

6-Dans l’intérêt supérieur de la nation, tous les griefs consécutifs à la crise seront confiés à la justice, les actes individuels de vengeance ne pouvant être tolérés, car de nature à mettre dangereusement en péril la cohésion nationale ainsi que la paix nécessaires au développement.

ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE

7-Un bon fonctionnement de la justice allant de pair avec celui de l’administration pénitentiaire, un corps de prison sera créé avec des gardes, des greffiers et des régisseurs, recrutés sur des critères de bonne moralité et formés de manière à permettre la démilitarisation des prisons actuelles.

8-Les infrastructures pénitentiaires seront construites aux normes internationales de grande sécurité et les prisons humanisées.

9-Les prisonniers seront formés dans divers métiers de manière à réaliser des activités créatrices de ressources financières pour leur prise en charge partielle ou totale.

10-Ils bénéficieront de diverses formations non seulement professionnelles pour ceux qui sont sans métier spécifique, mais également en matière de civisme de manière à être transformés mentalement à leur sortie et devenir de bons citoyens.

NB LA SECONDE PARTIE DE CETTE INTERVIEW DANS LA PROCHAINE PUBLICATION

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