François à Bangui

27 Novembre 2015 , Rédigé par TTU - Lettre d'Information Publié dans #CENTRAFRIQUE INFOS

François à Bangui

Alors que la RCA se prépare, dans le chaos, à la tenue d’élections présidentielles et législatives fixées après maints reports au 27 décem­bre, le Pape s’invite le 28 novembre à Bangui, troisième et dernière étape d’une tournée en Afrique démarrée au Kenya puis en Ouganda. Une visite à haut risque qui inquiète les services de renseignement du Vatican, comme à Rome et à Paris, embarrassant même les responsables centrafricains.

Selon une source des renseignements extérieurs italiens, malgré la multiplication des notes sécuritaires alarmistes émanant des différents départements de l’Etat, relayées et défendues par les plus proches conseillers du Souve­rain Pontife, pour tenter de l’en dissuader, le Pape François n’en démord pas. Pour lui, le message de paix et de promotion du dialo­gue inter-religieux a plus que jamais besoin d’être porté en ces terres de conflits, où le clivage commu­nautaire, opposant chré­tiens et musulmans, a réduit le pays à néant – sans que la prési­dence par intérim n’ait pu contri­buer à apaiser les tensions et commencer à reconstruire un pays dévasté.

Sa décision est «sans appel», déplorent ces sources, qui en appellent aux alliés pour tenter de minimiser les risques. Du côté français, la force française Sangaris a, d’emblée, fait savoir qu’avec 900 hommes déployés dans le pays, elle ne pourrait aller au-delà de la sécurisation de l’aéro­port de Bangui et de la possibilité d’assurer des évacuations sanitai­res (EVASAN) au besoin. Pas ques­tion, donc, d’envoyer des renforts sur zone.

La garde présidentielle de la présidente par intérim, Mme Samba-Panza, composée de Rwan­dais (850 soldats sont déployés en Centrafrique), sera mise au service de la sécurité du Pape, pendant que les casques bleus de la MINUSCA joueront les «tampons», selon des sources africaines.

Les risques pesant sur la visite du Pape sont en effet nom­breux : dans un contexte ultra communautarisé, accru par la campagne électorale, la visite du Pape risque de les exacerber plus encore. L’arrivée massive de chrétiens en provenance des pays voisins, comme le Tchad ou le Cameroun, par des routes non balisées et parfois dange­reu­ses, comme la MSR1, pour rencontrer le Pape, en consti­tue un autre sur le plan sécu­ritaire. Enfin, la concentration des forces locales et régio­na­les pour assurer la sécurisa­tion des déplacements du Pape dans la capitale Bangui peut aussi favoriser des actions de déstabilisation dans le reste du pays.

Reste désormais à savoir s’il s’agira pour la Pape d’une visite complète, avec visite d’une mosquée et discours dans une cathédrale, ou d’un passage éclair de quelques heures.

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