E. OLIVIER GABIRAULT “Il est donc plus qu’urgent de corser le mandat de Sangaris et des Casques Bleus des Nations-Unies »

30 Septembre 2015 , Rédigé par BÊ AFRICA Publié dans #COMMUNIQUÉS, #CENTRAFRIQUE INFOS

 

Interview accordée à Channel Africa (South Africa Corporation) et BE AFRICA

 

Candidat indépendant déclaré à la prochaine élection présidentielle, Emmanuel Olivier Gabirault fait la lecture des violences actuelles de Bangui.

 
Comment expliquez-vous ce regain de violence à Bangui ? 

Comme je l'ai dit dans ma déclaration au sujet de la recrudescence de la violence dans notre pays, tout part des mêmes motifs, à savoir un assassinat suivi de représailles souvent disproportionnées. 

Personnellement, je conclue qu'il existe une volonté farouche cachée de créer un embrasement par divers moyens entre les communautés chrétienne et musulmane pour des motifs politiques, voire séparer ces deux communautés, ce qui reviendrait à détruire la nation centrafricaine. 

A quoi a donc servi le forum de Bangui ? 
Ma conception du forum était totalement différente de celle du pouvoir, dès le début de la réflexion sur l'organisation de ces assises. Je l'ai d'ailleurs fait savoir dans divers documents écrits et produit une proposition plusieurs mois avant la tenue du forum. 

Je ne suis pas surpris qu'avec des cœurs qui n'ont pas été désarmés, une telle situation persiste et s'aggrave. 
Le forum avait plus mis l'accent sur la reconduction de la transition que sur la recherche d'une paix durable, surtout que les rebelles n'ont pas manifesté de remords pour leurs graves actes ayant occasionné les pertes en vies humaines et en biens. 

Soutenez vous l’action du « le temps de Bêafrica » qui organise des manifestations pacifiques dans la ville ? 
Je soutiens la majorité des revendications de la société civile, à l'exception du départ dans le contexte actuel des forces internationales qui ont joué et jouent encore un rôle stabilisateur, forces sans lesquelles nous n’aurions jamais connu cette apparente accalmie pour aller vers un retour définitif de la paix dans le pays. 

Si l’on peut opposer un certain nombre de griefs quant à l’application et implémentation sur le terrain des résolutions 2121 et 2129 du Conseil de Sécurité des Nations Unies dans le cadre de la crise armée de notre pays, leur lecture et compréhension s’avèrent plus que nécessaires. 

En effet, il est plus qu’important de comprendre que le mandat donné aux soldats de la paix les oblige à ne faire usage de leurs armes qu’en cas de légitime défense. 

C'est ce qu’il faut certainement revoir aujourd’hui pour parvenir à un résultat optimal quant au désarmement des différentes bandes armées. 

Il est donc plus qu’urgent de corser le mandat de Sangaris et des Casques Bleus des Nations-Unies. 

Avez-vous une solution magique dans votre gibecière pour ramener rapidement le calme en Centrafrique ? 

Tout d'abord, j'ai toujours été un acteur inlassable du rassemblement et de la paix dans notre pays. 

Rappelez-vous dans ce cadre de mes actions qui ont fait éviter une conflagration nationale au pays à la suite de l'échec des élections de 1992, celles en compagnie de Son EXCELLENCE AMADOU TOUMANI TOURE pour ramener la paix à la suite des mutineries de 1996/1997 qui ont secoué le pays, et du Dialogue Politique Inclusif de 2008 dans le cadre de la crise armée de 2005/2006 etc. 

Par ailleurs, comme je l'ai dit dans des médias ici en France et le réaffirme en ce moment dans des contacts avec les instances internationales et les diverses autorités françaises, la solution primordiale du retour de la paix, de la normalisation de la vie en Centrafrique est incontestablement le désarmement des milices antibalaka et Séléka ainsi que tous les porteurs illégaux d'armes. 

Etes-vous toujours engagé dans la course à la présidentielle 2015 malgré tout ce désordre qui se passe actuellement ? 
C'est justement à cause du désordre dans le pays que je me présente aux élections à la Présidence de la République pour rassembler, unir comme d'habitude, pacifier le pays, le reconstruire. 

Quand viendrez-vous en Centrafrique ? 
Je serai au pays le moment venu, certainement dans peu de temps. 

Avez-vous une direction de campagne à Bangui ? Si oui, à quelle adresse ? 
Des compatriotes de diverses régions du pays travaillent sur le terrain depuis plusieurs mois aussi bien à BANGUI qu'à l'intérieur du pays dans le cadre de ma candidature qui a été officiellement confirmée par une déclaration le 12 septembre 2015. L'Etat major de la campagne se trouve à BANGUI. 

Vous êtes un homme qui possède le don de la crainte de Dieu, s’il y avait une doléance à Lui faire pour la RCA ? 
C'est tous les jours que je prie pour notre pays en demandant à Dieu de pardonner le peuple centrafricain, le réconcilier et lui donner la paix pour se reconstruire.

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