Centrafrique : Interview Exclusive d’Olivier Gabirault « La sortie de cette crise, c’est d’abord nous »

11 Mai 2015 , Rédigé par GABIRAULT Publié dans #INTERVIEWS, #CENTRAFRIQUE INFOS, #OLIVIER-GABIRAULT

Centrafrique : Interview Exclusive d’Olivier Gabirault « La sortie de cette crise, c’est d’abord nous »

Diaspora Magazine/ Monsieur Gabirault, ancien candidat à la présidentielle en Centrafrique est l’un des participants au Forum national de Bangui. Il est dans la commission Gouvernance qui s’est tenue le 5 mai 2015 dans la salle de conférence du stade 20 000 places. Diaspora Magazine s’est approché de lui pour l’interroger sur certaines questions d’actualité relatives à cette assise. Nous vous proposons l’intégralité de l’interview où il a également proposé des solutions pour la sortie définitive de crise en République centrafricaine.

Diaspora Magazine : Votre intervention au Forum national de Bangui, le 5 Mai dernier à l’Assemblée nationale a été critiquée par certains membres de la diaspora qui disaient que vous avez parlé en votre propre nom mais pas en celui de la diaspora. Qu’en dites-vous ?


E. Olivier Gabirault : Bon ! Je ne sais pas quelle diaspora peut dire ça ? Parce que nous nous sommes réunis et ce sont les mêmes préoccupations que je devrais exprimer. Il y a la diaspora de France qui a ses préoccupations. Ceux des autres Etats ont aussi exprimé les mêmes préoccupations. Mais ça m’étonnerait que certains d’entre eux puissent dire qu’ils ne sont pas pour le développement du pays, qu’ils ne sont pas une force au développement du pays et qu’ils ne représentent pas le développement du pays. Donc, ça m’étonnerait que ces diasporas tiennent ces propos.


Que peut-on retenir des travaux de la commission Gouvernance dont vous faites partie aujourd’hui ?


La gouvernance est le mot clé de tout ce qui est à l’origine de la crise et de tout ce qui peut permettre au pays de se ressaisir, de se remettre sur les rails et de s’épanouir. C’est elle qui va donner une orientation pour tout ce qui concerne l’économie, le social et tout ce qui concerne la sécurité. C‘est la commission gouvernance qui joue en quelque sorte, si vous voulez, le rôle du chef d’orchestre. Donc, cette thématique est très importante.


D’aucuns pensent que la crise que connait la RCA est une crise née de la mauvaise gouvernance. Qu’en pensez-vous ?


Vous savez ! La gouvernance est un concept qui englobe beaucoup de domaines. D’abord, il y a la transparence, la participation, la justice et l’équité. Elle permet donc, la participation de tous les citoyens. Et c’est aussi le devoir de rendre compte. Vous savez ! On peut être le président de la République, ministre etc. mais en fin de compte on n’est que serviteur du peuple à qui on doit rendre compte.
En Centrafrique, on à tendance à inverser les rôles en matière de la gouvernance, au point qu’on ne rend pas compte au peuple, on fait ce qu’on veut. Et si c’est des erreurs qui sont dramatiques, c’est le peuple qui en souffre. Il y a des règles pour la bonne gouvernance et il faut savoir les respecter. Elles doivent s’appliquer à tout le monde.


En tant que participant au Forum national de Bangui, quelle est votre contribution ou qu’est ce que vous proposez concrètement pour la sortie du Centrafrique de manière définitive de cette crise ?


Vous savez qu’aujourd’hui la communauté internationale est venue à notre secours. La sortie de cette crise nécessite deux actions : il y a l’action de la communauté internationale mais une autre action que la communauté internationale ne fera pas c’est le vivre ensemble. C'est-à-dire que ce n’est pas à elle de ramener le vivre ensemble dans le pays. C’est d’abord nous. C’est pourquoi, nous devons tous nous préparer, tenir compte de tout ce qui s’est passé pour nous remettre en cause et prendre conscience de l’avenir de notre pays car la reconstruction de notre pays dépend de nous. Il n’y a que ça. Tout ce qu’on fait, s’il n’y a pas une prise de conscience, ça ne servira à rien.
Nous devons prendre conscience que la communauté internationale a un rôle mais limité à un aspect donné et le vivre ensemble dépend de nous.


Votre dernier mot à l’endroit de la population ou du gouvernement de la transition ?


D’abord ce que je peux dire c’est que nous ne devons pas désespérer. Nous avons connu une crise très grave. C’est la toute première fois que nous avons connu une crise à ce niveau. Nous devons savoir que certaines nations ont aussi connu des crises qui sont parfois plus graves que les nôtres. Mais elles ont su les surmonter parce qu’elles ont eu le sens de la nation. Elles se sont imposé le devoir de vivre ensemble.


Aujourd’hui, j’ai pris l’avion ensemble avec la délégation rwandaise avec laquelle on a échangé les idées. La crise rwandaise a fait plusieurs milliers de morts. Il est vrai que chez nous également, il y a eu beaucoup de morts mais les Rwandais ont pris conscience de ce qui leur est arrivé. Ce qu’il faut retenir c’est la manière dont ils ont surmonté, cherché des solutions à leur crise, ce qui a fait qu’ils sont maintenant cités en exemple partout et ils témoignent partout sur le plan international. Donc, nous devons aussi prendre conscience de cela.

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